‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 291 sur 310 · I. A losapb, 17 dtccmbra · texte numérisé non relu

I. A losapb, 17 dtccmbra

s&uter les ponts de l'Ezla, et se mit en retraite sur Astorga (26 décembre). Notre a\ant-garde éUît encore à Médina de I\io-Seco. Moore pressa la tnsnto de ses troupes; il laissa à Benavente on corps A cavalerie sous les ordres de lord Paget pour retardir h nôtre. En approchant de celte ville avec notre a- Valérie légère, Lefebvre-Desnoettes, contrarié de «il les ponts rompus, fll traverser à gué l'Ezla à quiW escadrons. Ils furent ramenés et sabrés pur les anliers ennemis r et L^febvre lui-même fut fait pnsonnier au moment où il allait se noyer dans h rivière.

Napoléon dut reconnaître que ses calculs a\iM été déjoués. Il ne pouvait plus que poursuivTS te Anglais sur leur ligne de retraite au lieu de les «lper. Sa mauvaise humeur s'eiliala en invective! ilH jurieuses : * Les Anglais avaient non-seulement cus/^ les ponts, mais ils avaient Tait sauter les arches MC des mines, conduite barbare, inusitée & la guertt!aussi étaient-ils en horreur à tout le pays. ■ On wl combien ce grand homme devenait scrupuleux ei W de barbarie lorsqu'il s'agissait de juger la condBk de ses adversaires. Au fond, la barbarie qu'il Inr pardonnait le moins c'était d'avoir échappé au pèft Depuis qu'il avait perdu l'espoir de la prendre, le* armée n'était plus de 36,000 hommes, maisdeSï.OOO: « Leur force réelle, écrivait-il, est de 20 à 2l.oO0ho»- ' mes d'infanterie el de 4 À 5,000 de cavalerie. • DS ajoutait : <■ Ils doivent de la reconnaîss.mce aux obtt*' des qu'a opposés le passage de la montagne Guad*^ rama etauxin/'HmMÎ'ouM que nous avons rencontrW' Les boues de\a VoVo^^i «.valent passé en prorert»

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( grâceaux bulletias, mais les boaes de l'Espagne étaient f une I^ende un peu plus difficile à accréditer. » La principale diCBculté de la retraite de Hoore était M moins désormais la poursuite de l'armée française If que le manque de vivres et le mauvais état des che- 1^ mius. Notre cavalerie, commandée par Bessières, le ^ serrait de près, mais le corps de Ney était à peine . $ arrivé à Benavente lorsque les Anglais avaient déjft M dépassé Astorga. Soult gagnait rapidement du terrain ^1 depuis qu'il avait battu à Mansilla une arrière-garde

^espagnole chargée de dérendre ce passage, mais il D'était pas assez fort pour entamer sérieusement les

^Anglais, bien qu'il leur fit beaucoup de mal en les ^harcelant sans relâche. Jusqu'à Villafranca leurs souf- ^M^BDces, quoique grandes, furent supportables. Mais

alorsqu'i! fallut traverser les montagnes couvertes de ^neîge qui séparent Villafranca de Lugo, les vivres ^«manquèrent presque complètement. II fallut, pour ~ 4l^en procurer, enfoncer les portes des maisons, et

-l'armée ofTrit des scènes de désordre indescriptibles.

J^On laissa en route des hommes ivres, des blessés, de

nombreux traînards trop faibles pour aller plus loin

jei, parmi eux, une multitude de femmes et d'enfants; ,<ycx abandonna en les détruisant les bagages qu'on ne —^pouvait plus transporter; on jeta dans les précipices ^près d'un million en pièces d'or; on abattit par cen- ^taines des chevaux qu'on ne pouvait plus nourrir; ^ enfin on n'échappa à un complet désastre que grâce ^à ane marche d'une vitesse extraordinaire, qui per-

' mit à l'armée de sortir promptement de ces horribles ^ défilés etde réparer ses forces i Lugo (5 janvier 1809). ^ Jusque-là Moore avait hésité entre la Gorogne et V\^

%ri S:fTOIRK DK BAPOLtoB I*.

ammt llça^ de retnite : 1 Logo il reonmot li néaasÊH ie » décider pour la CwYigDe où il deuil Incrcr ;3ia d« facilités pour soo embarqaemeat'. IfapcilèM] s'était urité k Astor^. Lm-mëme en a donné fBcr raJioii, caas ooe lettre de cette époque, qato Hinrt pics \oia le moamnent de son armée il * uni: îroQTè i nost journées de Paris. D'antre put, les fancts âe l'année rappwtèrent qu'après aTotr ncn d hi ses dèprdies le 3 janticr i Astor^. il étiitàemeari peocant quelques instants absorbé duu ii ftvfc-z-ifs pf^fiions. pais liait donné des ordres it depan jsxT Benavenw sans communiquer sa pœsee à pers^-nne. De U l'opinion très-accrédit^e qu'il anil refn « j:cr-]k ces nouTelIes d'une nature grave qui robi^^aient à rentrer en Fraoce. Saas contester U réaliw de à t^^**^ ^^^^ ^^ ^ lecture des dépêche^qui e$: a:;e$tre pir des témoins dignes As foi, naot C3v^yons que ia •f^erminalion de Napoléon doit Un at:^:^l:ee à iîes motifs tout différents. D'abord il u s'éïii: produit ni en France ni en Europe auau liit WKiTeau qui rût motiver ce soudain reviiemeoL L'Jtuîrkhe continuait à armer comme elle avait fiiî depuis phtseors mois, mais elle était encore bien li^ de roQTcir entrer en action. OaasA à l'inflaeDce <jaoc a aî:rï^3êe ani ictrigaes de Fouché et de Tallejrm^ j c'es: cne bypotbèse hltie sur des commérages ans i3B{Witance. II ne se passait rien & Paris qui pût eaus«r 4 .Xa^véoo la plus légère inquiétude. S<» mi ! Kï.'^tî:' pccr s'arrêter c'est qu'il aTail recoono qn^

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n'y avait plus aucun moyen d'empêcher l'embarquement des Anglais. Son coup d'éclat, si bruyamment annoncé, était manqué, et il se souciait peu de faire quarante à cinquante lieues à travers des chemins horribles pour assister à leur évasion, en recueiN tant pour tout trophée d'une si pénible expédition trois ou quatre mille traînards vaincus par la &Ugue plutdt que par ses armes. Il laissa ce succès peu enviable aux maréchaux Sonlt et Ne;, et retourna luimême i Valladolid.

Le général Hoore avfùt quitté Lugo le 8 janvier au soir, après avoir vainement offert ta bataille à Soult pendant deux jours de suite. Le il il atteignit la Corogne et toucha enfin au terme de cette difficile retraite qu'il avait conduite avec autant de fermeté que de prudence. Une surprise accablante l'attendait I&. Les bâtiments sur lesquels il devait s'embarquer n'étaient pas encore arrivés. Il reçut la nouvelle sans Qéchir et disposa tout pour livrer bataille aux Français dont les corps étaient heureusement en retard. Le 14 janvier, les transports de Hoore parurent en vue de la Corogne. Sortant alors de son înacUon, Soolt s'efforça de s'opposer à l'embarquement des Anglais. Il leur livra un long et sanglant combat dans la journée du 16, mais il ne parvint sur aucun point à entamer leurs positions. Les Anglais embarquèrent jusqu'à leur dernier homme avant de s'éloigner de la Corogne, mais leurs deux généraux Hoore et David Baird furent, l'un frappé k mort, l'autre grièvement blessé, an moment où s'opérait la délivrance de l'armée qu'ils avaient sauvée à force de persévérance et d'intrépidité- « Vous savez, dit Moore au moment

4SÏ HISTOIRE DE lf*POLÉ3S I*.

d'expirer à son ami le colonel ADderson, t^'^î^ but ■onn smbaité de mourir liosi.... j*e^>ère que le pea-

pe bhçms len content ' ! >

S^iukx ctiit parti de Yalladolid povr Pim k Z'' ,-i2Tv I8J9, sans même attaidre le résultat de h pzanmte de Soult et de Ney. Dès le 1" juiTier il arad jtén qu'il ne réussirait pas iempAcfaer l'embaïqDeiBeet des Anglais; c'était là le mi natif de sa ■■- £ûne résolution de ne pas aller plus loin. Tout a qn'on a écrit à ce propos sar la prèteDdae possibilité de les atteindre en chemin, sur la faute qa'anniait commise les deux maréchaux en ^Torisant la fiiite de l'ennemi par leur lenteur, tombe devant ces simples mots adressés à Soult au nom de l'empereor par le major-général Berthier, le 1" janvier 1809 ; . Mon- Eearle maréchal, l'empereur, prévoyant rembarîWmeot des Anglais, a dicté des instractions pour les derrùères opérations du duc d'EIcbiogea et poor te r^ffes. I. ordonne que, hrsqw les Anglais seront mj<c-r-i«, T^ins marchiez sur Oporto, etc. * > Pour que Tezz-iTicr admit cette retraite comme un fait icfooiaîi â faxiïtemps «vaut qa*elle fût achevée, il U- 5L: z-rc-secIffiKffit qu'elle fiil très-probable, mais ^ ille eCï « sa &*mr mille chances contre une.

R:«ï s'etiiî terstiné en Espace lorsqu'il prit k jar^I Ciî ret^y^TTwren France. L'armée anglaise s'éioi- ^ci:: ôe Lt Ccroçne , ouïs il était très-présnmable

■"' -■• ■ ? -.. ts^f «-i.-— R,-;e- <<-r.tt\ : Id ~ Sapier: ffinnrt ■â .« /^T" ât M PmiBw>, asloccoB et nous du général MiHùH

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qu'elle allait revenir par mer sur le Portugal où elle arait laissé un détachement de près de dix mille hommes. C'était aussi dans cette direction que s'était repliée l'armée de la Romana, très-maltraitée mais non détruite. Sur d'autres points de la Péninsule la résistance était loin d'être vaincue. Lannes avait pris la conduite du siège de Saragosse ; il le poursuivait avec une froide et inflexible énergie, mais rien n'annonçait encore qu'il dût triompher de la résolution indomptable des habitants : cette ville occupait à elle seule deux de nos corps d'armée, ceux de Moncey et de Mortier. De son côté Victor avait battu à Uclès l'armée de rinfantado et l'avait rejetée sur Valence , mais ce succès n'avait rien de définitif. Saint-Cyr, entré en Catalogne au commencement de novembre, avait réussi à débloquer Barcelone à la suite d'une de ces campagnes méthodiques et savantes dans lesquelles il excellait^ mais bien qu'il eût battu les Catalans dans plusieurs rencontres, il était loin encore d'avoir soumis cette province. L'Andalousie enfin, si funeste à nos armes, était encore intacte comme presque tout le midi de l'Espagne. Nous n'avions fait en un mot jusque-là que traverser le pays en vainqueurs, nous ne nous étions solidement établis nulle part ; et pendant que nous écrasions la révolte sur un point, elle se relevait aussitôt sur un autre.

A supposer que la complète soumission de la Péninsule fût réalisable même pour le génie de Napoléon et en y employant toutes les ressources dont il pouvait disposer, c'était essentiellement une œuvre de patience et d'abnégation, qui ne promettait ni eoups d'éclat grandioses, ni résultats immédiats. G'é-

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tiit une t&che qu'on ne pouvait mener à bonne fit qu'avec un mélange de douceur et de sévérité, en u résignant à de longs et habiles tempéraments; qui réclamait avant tout beaucoup de jiersévéranoe, de calme, de sagesse; c'était enfin quelque chose comme cette pacification de la Vendée qui avait bit taol dnionneur au général Hoche, maïs avec des difficnltés multipliées par le nombre d6 }m populatim, par rétendue des lieux, par l'intensité des haines DitH>nales. Rien n'était plus antipathique qu'un pareil rile aux aptitudes naturelles de Napoléon et surtout tm qualités bonnes et mauvaises que ses succès avaient développées en lui. Cette tftche patiente et délicate n'était compatible ni avec ses allures thë&trales, ni avec les emportements de son caractère absolu et violent, ni avec l'idée qu'il voulait donner de sa toutepuissance et de son infaillibilité. Il résolut donc de la laisser à ses lieutenants, bien convaincu qu'il en aurait lui-même tout l'honneur en cas de réussite, et qu'eux seuls en porteraient la responsabilité en cai d'insuccès.

Afin de colorer aux yeux de l'Europe un retour difficile à motiver après ces manifestes dans lesquek il avait annoncé avec tant d'emphase quU allait planur u$ aigles sur[les tours dt Lisbonne, il écrivit et data de Yalladolid même, la veille de son départ, une série de circulaires des plus belliqueuses adressées aux princes de la Confédération germanique.

N'ayant aucun fait nouveau à reprocher à TAutriche et voulant toutefois présenter son départ comme provoqué ipar cette puissance, il prenait occasion d'articles publiés J^çar les gazettes de Vienne et de

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Presbourg pour prescrire à ses confédérés une attitude menaçante à l'égard de la cour de Vienne. Il leur annonçait que sans toucher à un seul homme de son armée d'Espagne, il était prêt à se porter sur rinn avec U0,000 hommes. Il les avisait de préparer leur contingent : < la Russie^ ajoutait-il par une insinuation adroite, est Indignée de la conduite eztraTlH gante de l'Autriche* Nous ne pouvons rien concevoir à cet esprit de vertige et de folie avant-coureur de la perte des États. — Est-ce que les eaux du Danube auraient acquis la propriété de celles du Léthé I »

Il croyait pouvoir se permettre cette provocation sans rendre immédiate une guerre qu'il voulait faire en choisissant son heure. C'était évidemment sur l'Autriche qu'il se proposait de prendre sa revanche de ses demi-succès d'Espagne. Son prestige, si gravement atteint depuis Baylen et Cintra, ne pouvait pas être relevé dans les lenteurs et les longues incertitudes de la guerre péninsulaire, il le rétablirait donc aux dépens de TAutriche depuis si longtemps habituée à être battue. Insensiblement il adoptait envers l'Espagne la même politique qu'envers l'Angleterre; il en venait à se dire qu'il battrait l'Espagne en Europe.

En quittant la Péninsule il laissa à Joseph quelques instructions politiques et militaires. Les instructions militaires contenaient le plan d'une campagne en Portugal et en Andalousie. Quant aux instructions politiques, elles étaient beaucoup plus sommaires et s'étaient fort simplifiées depuis Técbec des réformes. Elles formaient une sorte de refrain sinistre qui revenait dans toutes les lettres que Napoléon écrivait à Jo-

468 HISTOnU DB HAPOLÉOH 1*.

seph : « Je De suis pas content de la police de lui écmait-il le 10 janYier, de Talladolid; Belliaidat trop faible; avec les Espagnols il faut être sévère. /a fait arrittr ici quinze des plus méchanis et je les féifutiller. Faites-en arrêter une trentaine à Midrid. Quand on la traite avec douceur, cette eanaUle u (M invulnérable. Quand on en pend quelques-uns, elk cmmence à u dégoûUr du jeu etdemeni humble et tomm comme elle doit être*. >

Le 13 janvier, il revient sur ces recommandatioDs; * il lui témoigne sa satisfaction de ce que Belliard i commencé i les mettre en pratique : « Vopéra^ qu'a faite Belliard est excellente. Il faut faire pendre à Madrid uve vingtaine des plus mauvais sujets. DemÛB j*eD fais pendre dix-sept connus par tous les excès.... Si Ton ne débarrasse pas Madrid d'une centaine de ces boute-feu, on n'aura rien fait. Sur ces cent faiieH% pendre ou fusiller douze ou quinze et envoyez le retU au: galères. Je n'ai eu de la tranquillité en France et je n*ai rendu de la confiance aux gens de bien qu'en fiisant arrêter deux cents boute -feu et assassins de septembre et en les envoyant dans les colonies. Depuis ce temps l'esprit de la capitale a changé comme par un coup de sifflet ^ »

Le 16 janvier, il insiste encore sur ces préceptes de haute politique pour mieux les graver dans l'âme débonnaire de Joseph: • La cour^des Alcades de Madrid a acquitté ou seulement condamné à la prison une trentaine de coquins que Belliard avait fait arrêter: »-'

I. Lettre insérée dans les Mémoires du roi Joseph et non ref réduite dans la Correspondance de Napoléon. 3. Jfdmoires du toi Joseph.

faut nommer une commission militaire pour les juger de nouveau et faire fusiller les coupables.,,. Ici on a fait Fimpossible pour obtenir la grâce des bandits qui ont été condamnés. Pai refusé, fai fait pendre^ et fai su quau fond du cœur on avait été bien aise de n'avoir pas été écouté. Je crois nécessaire que, dans les premiers moments surtout, votre gouvernement montre un peu de vigueur contre la canaille. La canaille n'aime et n'estime que ceux qu'elle craint; et la crainte de la canaille peut seule vous faire aimer et estimer de toute la nation ' . »

Il lui recommandait en Gn AeMre prendre à Madrid, dans les couvents et les maisons confisquées, une cinquantaine de chefs- d' œuvre de l'École espagnole qui manquaient, disait-il, à la collection du Muséum à Paris*.

Les conseils contenus dans ces fraternels épanchements constituaient au fond tout le programme de la politique impériale et royale. Tels furent les adieux de Napoléon à ce peuple qu'il se disait appelé à régénérer!

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