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aui avaDtages que lui valait l'alliance de NapoléoD, ni contribuer à la défaite de l'Autriche, il se décida à rester autant que possible simple spectateur du combat. Lorsque Caulaincourt lui fit part des désirs de son maître, il écarta habilement com me inopportune et dangereuse l'idée d'un manifeste collectif adressé à la cour de Vienne, mais il s'engagea à faire tous ses efforts pour la détourner de la guerre. Quant à sa coopération militaire . il n'en contesta ni le caractère obligatoire ni ta convenance, mais il ne caclia poiut qu'elle devait se réduire à peu de chose par suite des embarras et des périls que lui avaient créés les présents incommodes qu'il avait refus de son auguste allié. Il avait une guerre au nord avec ta Suède, il allait avoir affaire au midi au« forces réunies de la Turquie et de l'Angleterre, c'était beaucoup pour un empire épuisé, dont l'opinion était d'ailleurs trèspeu favorable à l'alliance française. Tout ce qu'il pourrait faire en notre laveur, ce serait de concentrer un corps d'armée sur les frontières de la Galiicie. Ces promesses furent réalisées au moins en parUe avec un zèle plein d'ostentation. La Prusse fut avertie qu'il fallait se résigner à se tenir en repos et qu'elle ne pouvait rompre avec la France sans rompre avec la Russie. Le prince Schwarzemberg reçut des déclarations qui n'étaient pas moins décourageantes. H avait été chargé par sa cour de demander la main d'une sœur du czar pour l'un des archiducs; on la lui refusa et on assaisonna ce refus des plus graves remontrances sur la conduite imprudente du cabinet de Tienne. Hais en lui prodiguant ces conseils et ces avertissements, Alexandre s'abstint de prendre envers
l'AuLriche l'alLiLude menaçante et résolue qui sto)* eûtpu la faire reculer devantia guerre.
Ainsi échoua, comme il était facile de le prétoîr, une intervention qui ne pou%'ait être efficace ptnïqu'elle ne pouvait ^tre complète oient sincère. Il ai diflicile de croire qu'un esprit aussi pénétrant nat Napolêon ail beaucoup compté sur ce moyen de prévenir une rupture, alors qu'il semblait faire luiniâDC à Paris tout ce qu'il pouvait pour froisser et exasjiw l'Autriche. Depuis longtemps il affectait de ne pto adresser la parole à l'ambassadeur Metlei DÎch ; il It sait insulter la cour de Vienne dans ses jounini, provocations sur l'origine desquelles il était impossti! de se méprendre depuis qu'on savait qu'ils èliia* tous rédigés par sa police; il ordonnait aux prince de la confédération du Rhin de mettre le s6qu«W sur les biens de tous les individus absents qui De s^ raient pas rentrés dans le dictai de trente jours {is fr vrier) ; il leur prescrivait de faire prendre h l«w* troupes des positions de guerre sur la limite de Irtrt territoires respectifs (21 février). Il ne songeait doot plus à la paix, ou si de faibles velléités de la matotenir traversaient par instants son esprit, c'était MOlement lorsqu'il éprouvait quelques doutes au suf^ de l'issue de la nouvelle aventure où il allait s'enpger. Mais il se flattait d'entraîner Alexandre plus loin qu'il ne voulait aller, et se disait qu'après s'être compromis personnellement dans les négociations, leCaf n'aurait plus aucun prétexte pour lui refuser l'ippni de ses armées.
Mats, trop habitué à se tenir en garde contre tool' surprise pour compter sur un autre que lut mëmer2
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poléoaaraitfaittousses préparatifs de guerre comme si ses troupea seules avaient dû entrer en ligne contre l'Autriclie, et leur nombre égalait au moins, s'il ne le dépassait pas, celui des soldats que cette puissance avait mis sur pied. U avait tout d'abord évalué à quatre cent mille hommes le sombre de soldats qui lui serait nécessaire pour la soumettre ; et dès le jour où it s'était décidé & cette brusque évolution, il avait pris à Vaitadolid même ses premières dispositions militaires. La garde avait reçu sur-le-champ l'ordre de rétrograder vers la France. 11 avait également rappelé d'Espagne de nombreux régiments de cavalerie, plus utiles dans les larges plaines du Danube que dans ces régions montagneuses où ils n'étaient le plus souvent qu'un embarras. II redemanda en même temps à Joseph quelques-uns des chefs les plus brillants de l'armée d'Espagne, entre autres Montbnin général de cavalerie incomparable ; Lasalle, une des jeunes illusb'ations de l'armée; les maréchaux Bessières et LefebTre, hommes d'exécution d'une bravoure éprouvée, mais plus utiles dans le combat que dans le conseil, et par conséquent mieux à leur place sous les ordres directs de Napoléon qu'en Espagne où les chefs, livrés désormais le plus souvent à eux-mêmes, allaient avoir & se diriger d'après leurs propres inspirations.
Un événement depuis longtemps attendu venai enfin de rendre disponible celui de tous ces généraux que Napoléon tenait leplusà rappeler auprès de lui. I.e SO février 1809, les habitants de Saragosse, à demi ensevelis sous leurs murs en poussière, vaincus par une horrible épidémie encore pins que par nos armes,
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rendlTEnt au maréchal Lannes les débris fumants de leur cité, après une défense dont le souvenir vivn encore dans la mémoire des hommes lorsque depuis des siècles le nom des victoires les plus retentissaotes de ce temps-là aura disparu dans Toublî. Plus de cinquante mille hommes avaient péri pendant les deux sic^es. Comme nous avions employé le plus souTeot dacs ne s attaques la force mathématique de la mine et ce la grosse artillerie, nos pertes étaient inGniment moins sensibles. Cétût une raison de plus d'user c^indulgence «Envers les survivants. Le monde entier arait les yeux fixés sur eux et semblait conmie interdit d^admiration. Ils avaient poussé le courage juspa U lY^fn^isie, et quelques-uns la vengeance jusqu'àl'atroci:<? : ils avaient montré tous les fanatismes contccu'^s en un seul : mais jamais ruines arrosées i'iua::: ce sang ne furent plus resplendissantes d'hèrvisae. Jamais soldats trahis par le sort des armes ce iwHrnt p!u5 dignes du respect des vainqueurs. On r«:^î:e que Lannes n'ait pas su honorer son succès par une ^nérosité égale au malheur de ces dorieui viin:u5. II traita les défenseurs de Saragosse comme «oe bande de brigands forcés dans leur repaire. En dépit d'une capitulation, très-sommaire il est vrai, mais formelle et signée de sa main, qui garartissaiî expressément « la sûreté des personnes tt ces propriétés » art. vii , il fit exécuter deux des chefs qui avaient le plus contribué à la résistance, tt abandonna aux excès de la soldatesque ce cada\re d'une ville morte.
Les historiens français ont toujours nié la réalité de celte capitulation dont l'existence est affirmée arec
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plus d'énergie encore par les historiens anglais et espagnols'. Ce qui est certain, c'est que le texte en fut imprimé intégralement dans la Gazille de Madrid, du Il mars IS09, à la suite des représentations de la j unie de Saragosse ; et on peut lire dans la correspondance du roi Joseph, à la date du S7 février 1809. un mot qui nous paraît trancher le débat : « Sire, écritil à son frère, j'ai reçu l'ncfe de reddition de Saragosse. > Cet acte de reddition ne pouvait être que la pi6ce à laquelle nous faisons allusion, car on ne dresse pas d'acte pour une ville qui se rend à discréllon.
Quoiqu'il en soit, les défenseurs de Saragosse n'avaient pas besoin de capitulation. Ils devaient être à .jamais sacrés pour quiconque portait un cœur de patriote ou de soldat. Cela est si vrai que le roi Joseph lui-même, dans le compte renilu ofliciel qu'il publia du siège, ne put s'empêcher de rendre hommage h leur courage, ce qui lui attira une dure réprimande : ■ Mon frère, lui écrivait Napoléon, le 11 mars, j'ai lu un article de la Gazciu de Madnd qui rend compte de la prise de Saragosse. On y fait l'éloge de ceuï qui ont défendu cette ville. Voilà en vérité une singulière politiquel Cerin'memtnl,v n'y a pas MnFrançais qui n'ait le plus grand inrpris pour aux qui ont défendu Saragosse. » C'est du moins là ce qu'il eiH voulu, car ce grand exploiteur de la gloire en était venu h croire que l'honneur ou l'infamie n'existaient plus que par
:. Voir entre autres sur ce piint Vllisloire du iiVgc dr Saragout du gÉoflral Rogniul. — La Mfrnit de Saragniir, dï Uiouel Ca*allero. — Robert Soulhej : ffiilorv of tht Ptniniular War. — Toreno — Enfin le Mémoire (ur le tccond iitge de Saragotir, p«r PeJro Varia Rie, le négociateur liiî-mAme (Uans la CoU luppl. det " lalifs à la Rh. frj/içaisr).
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rapport à lui, et qu'on était Toué à l'un on i l'aotn, •èlon les sentiments qu'on laî témoignait. Pour réb- Uir la balance, TEmpereur fit flétrir de Tépithàte de llcbe, en plein Moniteur ^ l'intrépide jeune homme qui avait été T&me de cette immortelle défense : < ÙA homme, disait le Moniteur du 2 mars 1809 en pirbot de Palafoz , est Volfjet du mépris de toute l'armée eanemie qui laccuse de présomption et de léchai On ne l'a jamais vu dans les postes où il y avait du danger. » Et quelques jours plus tard : < on désespiie «le la vie de Palafoi. Cet homme est en horreur a latilk^» Trouvé mourant à Saragosse, Joseph Palafoz fot,]Mr son ordre , amené en France , puis enfermé ao Ibrt de VincenneSy où il resta prisonnier jusqu'à la chute de l'Empire, traité comme un malfaiteur ponraînr défendu la plus juste des causes. Ces ignobles représailles contre des vaincus qui étaient l'honneur d« leur temps ont pour la plupart i>assé inaperçues, et ce serait commettre une étrange méprise que desopposer Napoléon capable d'avoir jamais éprouvé ud regret quelconque au sujet de pareils actes; mus lorsque, captif lui-même à Sainte-Hélène, Tauteor de tant de crimes faisait si grand étalage de son nufftyre et fatiguait TEurope de ses lamentations à propos d'une bouteille de vin qu'on refusait à sa tiUe« ne vit-il jamais passer dans ses souvenirs la stoîque figure du jeune défenseur de Saragosse?
D'après tous ces faits, il est permis de supposer qu'en traitant les vaincus avec cette impitoyable rigueur, Lannes n'obéissait pas à ses sentiments per-