SECONDS PRISE DE VIENNE
du Danube , nous avions mille chances d'occuper ces positions avant lui. Le corps de Hiller était, en effet, hors d'état de nous arrêter sur les divers affluents du Danube, parce que nous menacions, en les abordant sur toute leur étendue, plus de points qu'il ne pouvait en défendre. On ne doit pas chercher ailleurs les motifs qui décidèrent Napoléon à ne pas suivre l'archiduc en Bohême. Il y eût trouvé une route longue et difficile, des positions dont les gorges du Bœhmer- Wald rendaient l'accès dangereux, et il eût, en outre, été contraint de diviser ses forces. En suivant la chaussée du Danube, il allait plus vite par des chemins qui lui étaient mieux connus; il gardait l'avantage de sa concentration, il avait la presque certitude d'atteindre Vienne avant son adversaire et de pouvoir exploiter ce grand effet moral que produit toujours l'occupation d'une capitale ennemie.
Déjà il avait lancé à toute vitesse son armée sur la route de Tienne. S'adressant à ses soldats, après la prise de Ratisbonne, pour les remercier de leur ferme attitude, il les félicitait < d'avoir glorieusement marqué la différence qui existait entre les soldats de César et les cohortes de Xerxès. » Rapprochement contestable s'il en fut, car l'Autriche était seule contre nous, et Napoléon avait réuni pour l'accabler les forces de plusieurs nations. Il avait pour lui le nombre et la masse ; et si quelqu'un rappelait Xerxès par l'orgueil et la démence de l'ambition, ce n'était pas, à coup sûr, le modeste archiduc. Malheureusement pour tout le monde, le nouveau Xerxès était doublé d'un autre Alexandre. L'ordre du jour impérial se terminait par cette prédiction hautaine : « Avant un