IV
ÀSPERN-ZSSLING. 531
presqu'île que le restrant du Danube forme au dessous d'Essling. Pendant ce temps, Bellegarde et Hitler ont recommencé, avec une nouvelle énergie, leur attaque contre Masséna. Cette fois nos troupes sont culbutées et le cimetière lui-même tombe au pouvoir de l'ennemi; mais Hasséna revient à la tête des divisions Gsrra Saint-Cyr et Legrand; il réussit à reprendre une moitié du village, à la suite d'une lutte acharnée.
La ouït approchait: l'archiduc fit suspendre le combat. Avec un effort de plus, il aurait vraisemblablement poussé l'armée française jusqu'au Danube. Hais ce prince, d'ailleurs excellent général, n'avait rien de cette obstination à outrance qui arrache à la fortune les faveurs qu'elle hésite à accorder. Il avait dans sa manière de faire la guerre quelque chose de la nonchalance du grand seigneur ; il s'y piquait d'une courtoisie excessive, et y apportait des procédés qui eussent été plus à leur place dans un tournoi. D semblait considérer comme un manque de goût ou de générosité de pousser jusqu'au bout ses avantages, faute capitale avec un ennemi si attentif à tirer des siens tout ce qu'ils pouvaient donner. Son flme froide, lente et méthodique, était étrangère à cet implacable acharnement qui ne pardonne pas à un adversaire, qui n'admet ni ménagements ni transactions et finit toi^ours par maîtriser les événements, car la victoire se donne bien plus souvent & celui qui a le plus de volonté, qu'au plus habile. Déjà au début de la campagne, il avait k propos d'un échange de prisonniers accablé son vainqueur de compliments exagérés qui n'eurent d'autre réponse qu'un dédaigneux svlancfc.^
manqua,, dans cette première journée, l'oxasionde faire expier à Napoléon une des plus graves imprudences de sa carrière militaire. Si, en effet, notre armée s'Était vue forcée de combatLre en nombre ie- ' sufOsanl, cette faute ne pouvait être imputée qui li témérité d'un plan indigne du génie de l'empereor. la crue eitraord inaire du Danube laissait assez pte» voir la rupture du grand pont. Avec plus da prévoyance et plus de ménagements pour la vie de sa soldats , Napoléon aurait fait dès lors ce qu'il fil plus tard, il n'aurait opéré le passage sur la rive gaudN qu'après avoir réuni dans la Lobau, à l'abri des accidents du grand pont, toutes les troupes nécessaires pour assurer la victoire.
Il était malheureusement un peu tard pour reconnaître cette vérité, dont la journée du lendemain fut la confirmation éclatante. Des troupes en nombre coDsidérablepassèrentpendant la nuit; c'étaien lies qailre divisions du corps de Lannes, deux brigades de a^*lerie, Ugarde qui comptait vingt-deux mille homoe au début de la campagne et qui n'avait pas combatta jusque-là. Ces forces atteignaient à un rhiCfre an moins aussi élevé que celui des troupes qui avaient combattu la veille, ce qui, défalcation faite des pertes, ne permet pas d'abaisser le total au-dessous de 75 à 80,000 hommes ; mais le grand pont ae rompit de nouveau pendant la nuit, et une partie de notre artillerie rfïsta en arrière, sur la rive droite, avec le corps de Davout. Les communications furent rétablies de grand matin, et le défilé ncoatmença, mais après avoir subi un retard des piM fftcheux.