Ibisr», Hiitm9 dm Coiwulal, tome IV
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ils ont à en faire usage le même droit que lui, et quant aux ratifications populaires qu'il invoque à l'appui de son inviolabilité 9 comme elles sont les humbles servantes du succèSy on peut toujours affirmer qu'on les aura pour soi après avoir réussi. Ce recours, toujours ouvert contre les usurpations de la force, devient plus inattaquable encore lorsque le pouvoir s'est manifestement mis au-dessus des lois et qu'il n'y a plus contre lui aucune action légale. Chaque citoyen devient alors son juge légitime, et la justice, bannie des institutions, se retrouve avec tous ses droits dans la conscience individuelle, son premier et son indestructible asile.
Ce ne sont donc ni ses voies ni son principe que les partisans du 18 brumaire pouvaient reprocher à la conspiration de Georges ; la seule chose qu'on eût le droit de blâmer en elle c'est son but, c'est-à-dire le régime qu'elle se proposait de substituer au gouvernement consulaire. La restauration qu'elle avait en vue, dans un moment où les royalistes de toute nuance étaient encore fort éloignés des concessions auxquelles ils se résignèrent plus tard, ne valait en effet guère mieux que les abus qu'on voulait détruire. Quant au plan considéré en lui-même, il était, on peut le dire, d'une simplicité enfantine, et l'on est étonné que des hommes comme Pichegru et Georges aient pu y prêter la main. 11 y avait un excès de candeur, rare chez des conspirateurs, à croire que Georges avec de nombreux agents pourrait séjourner à Paris et y conlploter pendant plusieurs mois, sans attirer l'attention d'une police si ombrageuse et si défiante. Il était plus puéril encore de supposer que sur les assurances d'un homme
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déconsidéré comme Pichegru» tous ces chefo républicains, qui avaient une gloire acquise ou une situation laite, et qm pouvaient croire là tyrannie actuelle peu durable, allaient du jour au leudemain se jet^r dans les bras de l'ancien régime, se mettre à la remorque du général de la chouannerie ! Une telle illusion ne pcut s'expliquer que par l'impatience naturelle aux exilés, par le désir de mériter l'appui de TAngleterrer. par Paveugle imprudence dont le comte d'Artois donna plus tard tant d'autres preuves» enfin par les instigations perfides des agents qui circonvenaient quelques* nos des membres les plus influents de l'émigration. Quoi qu'il en soit, Georges débarqua dès le 21 août 1S03, à la falaise de Biville, avec un premier groupe de conjurés, et de là ils se rendirent tous à Paris par des chemins à eux connus et en évitant les grandes routes. On les y laissa dans une complète sécurité, soit qu'on n'ait pas connu immédiatement leur arrivée, soit qu'on ait voulu permettre au complot de s'organiser, afin d'attirer en France les autres conspirateurs qui devaient rejoindre Georges , et d'offrir ai ceux qu'on voulait perdre les occasions de se compromettre. On se contenta d'arrêter, en septembre et en octobre , les uns à Paris, les autres au moment oh ils. débarquaient à Pont-Âudemer, des complices subalternes comme Lebourgeois, Picot^ Querelle, etc. Le Moniteur constate formellement que < la police avait été avertie du départ et de la mission * » des deux premiers, particularité qui n'est pas une des moins embarrassantes pour ceux qui ont voulu établir qu'elle