Àllianu det Jacobins français, etc
sait si bien la mission^ et parmi lesquels se trouvait ce Querelle, dont les révélations furent une des principales pièces qui servirent à établir le àitfplot, restèrent plusieurs mois en prison sans être jugés. Particularité vraiment étrange et bien digne d'attention! Quoi I voilà des hommes qu'on sait venir d'Angleterre pour conspirer contre le Premier Consul, on dit même pour l'assassiner, on les arrête, on les tient à discrétion et on les laisse là pendant des mois sans les interroger, sans les examiner, sans songer à tirer parti d'une circonstance si accusatrice contre le gouvernement anglais ! C'est là, il faut l'avouer, un fait bien extraordinaire pour qui connaît les antécédents de Bonaparte; mais il s'explique tout naturellement quand on observe que le moment n'était pas encore venu de les faire parler, et qu*un tel éclat eût donné l'éveil aux autres conjurés.
En même temps que ces mnspirateurs malavisés, l'homme qui avait le plus contribué à les attirer dans le piège, le septembriseur Méhéc, était revenu en France. Une fois Georges et les chouans débarqués, il était, en effet, beaucoup plus utile à Paris qu'à Londres. Héhée quitta Londres le 22 septembre, prit par le Holstein, et avant de rentrer en France alla voir à Munich , Drake le chargé d'affaires anglais. Le Premier Consul reçut de lui, par l'intermédiaire du Grand Juge, des rapports qui n'ont pas été publiés, mais dont l'objet ne peut être douteux : « J'ai lu , écrivait-il à Régnier, les rapports que vous m'avez envoyés; ils m'ont paru assez intéressants. Il ne faut pas se presser pour les arrestations. Lorsque Fauteur aura donné tous les renseignements, on ar-
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. . V ^ ^%juft a¥th: tui et on verra ce qu'il y aura à ^ ,^ ,4pli. ^arrestations prématurées eussent, en -jjMitt b>ttt complot impossible. Mais ce n'était M%»k ; it avait résolu d'utiliser Méhée pour une ,»Ktiittioii à laquelle il n'attachait pas moins d'im- •^uuic« ; il voulait impliquer et compromettre dans :4 ^vttdpiraUon de Georges les nombreux représen- Qittte que TAngleterre avait auprès des cours ger- «HOdiqueSy afin d'amener, s'il était possible, une sorte 4k rupture diplomatique entre elle et l'Allemagne. Méhée avait connu en Angleterre Drake, le plus remuant de ces ministres ; il le savait tout disposé à favoriser un mouvement à l'intérieur contre le gouvernement français ; il fallait, en feignant d'entrer dans ses vuesy le pousser» si Ton pouvait, à une participation au prétendu attentat contre la personne du Premier Consul, afin d'en rejeter toute la honte sur le -cabinet britannique. Héhée devait profiter de sa crédulité pour tromper le ministère anglais sur nos projets mililaireSy pour lui tirer de Targent et pour obtenir de lui tout au moins « le nom des agents royalistes et l'adresse des maisons où l'on pourrait se réfugier pour gagner les pays étrangers. » Telle est l'ignoble trame que le Premier Consul ne rougit pas de combiner avec ce misérable, dans le but de rendre plus complets les résultats qu'il espérait de la conspiration de Georges. « Je désire, continuait-il, en s'adressant à Régnier, que Héhée écrive à Drake et que pour lui donner confiance^ il lui fasse connaître qu'en attendant que h grand coup puisse être porté, il croit pouvoir pro-
]. BonaiMirte à Régnier, 1*' novembre 1803.
lettre de faire prendre f Ui* la table même du Prelier CoDsuIi dans son r&Dinet secret et écrites de sa ropre main, des note» relatives à sa grande expédiion ou tout autre papier important ; que cet espoir it fondé sur un huissier du cabinet, etc. » Suivaient los les détails propres à donner confiance au miistre britannique et l'exposé des conditions pécu* iaires que Méhée mettait à ses services. Tout cela, n'en ne l'oublie pas, était écrit à la date du 1«' noembre 1803. Quel était donc ce grand coup dont partit ici Bonaparte comme devant être frappé plus tard, ^grandcoup qu'il annonçait si longtemps avant la défnsferie officielle de la conspiration, si comme on a osé s dire, il ignorait encore le projet de ses ennemis ? Il î connaissait d'autant mieux qu'il y travaillait luiléme. Certain de leurs dispositions, il leur offrait des idlités auxquelles ils n'avaient pas songé, mais en ne égligeant rien pour les prévenir à temps. L'occasion li semblait bonne pour perdre à la fois tous ceux qui li portaient ombrage. On voit par les mémoires de cmsalvi que, dès la fin d'octobre, il accusait Témigré 'emègues de faire partie du grand complot qu'il est îDsé n*avoir connu que dans le mois de février suivant, s'embarrassait ainsi dans ses propres ruses. Il croyait œ l'idée de la conspiration une fois évoquée, tous 38 adversaires devaient nécessairement l'embrasser ?ec empressement. Au reste, il était mieux instruit cet égard que les ministres anglais, car Drake luilème lie savait pas le premier mot de la conspiration le Georges, et son ignorance lui fit éviter le piège qu'on ai tendait. S'il avait des intelligences à Paris, il ne es fit point connaître; et Méhée ne put tirer de lui que