‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 53 sur 310 · Paroles de Uéa\, rapportées par Savary · texte numérisé non relu

Paroles de Uéa\, rapportées par Savary

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la catastrophe de Yincennes. En premier lieu on ne trouve aucune trace de cette préoccupation dans les documents originaux ; on avait le signalement le plus minutieux du personnage mystérieux; < chauve, blond» taille médiocre, etc., > ce signalement ne répondait en rien à celui du duc d'Enghien, il eût suffi du premier gendarme venu pour le constater et l'on ne posa pas même la question à Tagent envoyé à Bttenheim pour épier le duc I En second lieu , ce signalement n'était autre que celui de Charles Pichegru, dont on avait pu d'autant plus facilement constater l'identité qu'il était enfermé, depuis plus de dix jours, au Temple, avec les prévenus qui l'avaient dénoncé , et lorsqu'on eut pris le duc d'Enghien, personne ne songea un instant à la confrontation. En troisième lieu, enfin, Bonaparte savait depuis le 14 février, c'est-à-dire depuis un mois, par la déposition de Bouvet de Lozier que les chefs de la conspiration étaient le comte d'Artois et le duc de Berry, qu'ils venaient d'Angleterre, centre du complot, et non des bords du Rhin ;»et ce n'était que faute d'avoir pu s'emparer de leur personne qu'il avait pensé à faire saisir le duc d'Enghien, dont le nom n'avait pas même été prononcé dans une seule déposition.

n y a plus ; il résulte des pièces publiées au procès de Georges que l'accusé Picot, interrogé sur le nom du personnage mystérieux, dès le 14 février, répondit que ce ne pouvait être que Pichegru, et sa déclaration à cet égard fut confirmée par tous les autres détenus. Ni ces allégations , ni les variantes qu'on y a introduites depuis, pour leur donner plus de vraisemblance , ne résistent à un examen &t-

ASSASSINAT DU DUC D'eNGHIEN. 135

teDtif'; non -seulement la détermioatioa originelle appartient à Bonaparte, mais jamais résolution n'a été plus librement raisonnée et voulue, plus indépendante de ces fatalités , de ces erreurs qui influent si souTent sur nos desseins, et pour tout dire, plus p^rsanneUe ; elle porte sa signature et n'a rien de confrmun avec les atrocités révolutionnaires, où Ton rencontre toiyours Taveugle inflexibilité d'un principe. La terreur frappait au nom de la loi , ici c'est la vtik^ deua corse qui poursuit un ennemi^ dans ses enfants, dans sa famille et au besoin dans sa parenté la plus éloignée.

Il y eut, dit-on, un conseil ^ où la mesure ne fut discutée que pour la forme et où Cambacérès s'attribue l'honneur d'avoir fait entendre des conseils de modération trop timides pour être écoutés, ce qui lui aurait attiré cette réplique fameuse : < Vous êtes devenu bien avare du sang des Bourbons ! > Mais il faut mettre au rang des fables ranecdote d'un prétendu rapport que Talleyrand aurait lu à l'appui de la mesure, et qui, dérobé par lui aux archives pour être brûlé, aurait été laissé par mégarde au fond d'un tiroir % où une providence vengeresse prit soin de le conserver. Ce sont là de grossières inventions qui ne méritent

1. lI.Thiers substitue au thème de Savary un autre quiproquo fondé sur un mot de Léridant dans sa déposition du 10 mars, mais cette version est encore moins soutenable, car à cette date tout était décidé. M. Thiers n'a qu'une idée vague des lîaiits. Il va jusqu'à attribuer les sorties de Bonaparte contre MarkofTàla complicité de ce diplomate avec les conjurés! Or, ces scènes avaient eu lieu six mois aupa. ravant et Markoff avait quitté la France depuis le 28 novembre 1803.

2. Selon Desmarest ce conseil se réduirait à la conversation rapportée plus haut, ce qui est fort probable

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