‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 54 sur 310 · Mcne\al, Savary · texte numérisé non relu

Mcne\al, Savary

pas même d'être discutées. La seule pièce que Talley-^ rand ait rédigée à ce moment, et c'est déjà beaucoup trop pour son honneur, est celle où, en sa qualité de ministre des affaires étrangères, il notiûait à l*électeur de Bade la violation de territoire à laquelle le Premier Consul avait dû se résigner < avec la plus profonde douleur. >

Le 15 mars 1804, un détachement de dragons, parti de Schelestadt au milieu de la nuit, sous les ordres du colonel Ordener, franchit le Rhin, enveloppa Ettenheim et cerna la maison où se trouvait le duc. Le premier mouvement du duc d'Enghien fut de répondre à la sommation d'ouvrir en faisant feu sur ses agresseurs: il en fut détourné par un ofQcier allemand qui se trouvait auprès de lui et qui lui ayant demandé < s'il était compromiSi > sur sa réponse négative, lui fit remar« quer l'inutilité de la résistance ^ ; il se rendit prisonnier pour ne pas exposer ses amis. On s'empara alors de tous ses papiers , et on le conduisit à la citadelle de Strasbourg, où il fut enfermé avec le marquis de Thumery et les personnes qu'on avait trouvées chez lui. De toutes ces personnes qui étaient au nombre de huit, le marquis seul et le colonel Grunstein appartenaient à l'émigration militante, les autres étaient des ecclésiastiques et des domestiques*. On eut ainsi sur-le-champ la preuve de la fausseté des rapports et sur la présence de Dumourier, et sur la complicité du duc avec la conspiration de Paris dont il n'y avait pas trace dans ses papiers, et même sur le

1. Rapport du citoyen Chariot, chef du 38* escadiou de gendar^ merie. ^ Journal du duc d'Enghien.

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