Rapport de Charlut
rôle militaire qu'on lui attribuait en prévision de la prochaine guerre, car il vivait là en simple particulier; et les rassemblements d'émigrés qui étaient censés se grouper autour de lui étaient purement imaginaires.
Mais la perte de Hnfortuné jeune homme était réso- Ine, et d'autant plus inévitable qu'elle se liait à un calcul politique. Dès le 12 mars, Bonaparte va s'enfermer à la Halmaison où il sera à la fois à l'abri de sollicitations qu'il est décidé à ne pas écouter, et éloigné du théâtre du crime, car il ne veut pas que sa personne paraisse dans un acte où sa volonté est tout. (Test Murât qu'il vient de nommer gouverneur de Paris, Real le chef de sa police, Savary son homme d'eiécution, qui figureront en première ligne dans un drame où ils ne sont que ses instruments. Dès le 15 mars, il écrit à Real de faire tout préparer au château de Vincennes^ Le 17 mars il a dans les mains toute la correspondance du ducd'Enghien; il la renvoie deux jours après à Real, en lui recommandant «d'empêcher qu'on ne tienne aucun propos sur le plus ou moins de charges que bontiennent ses papiers ^ > Il sait que toutes ces charges se réduisent à une seule, r.u tort d'avoir servi dans l'armée des émigrés et d'être prêta y servir de nouveau, tort qu'il a amnistié chez tant de milliers d'hommes infiniment moins excusables que rhéritîer d'une famille si cruellement frappée par la Révolution ; il sait que tous les soupçons qu'on a pu avoir contre lui n'ont aucun fonde*