‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 6 sur 310 · UN MOUVEMENT NATIONAL EN · texte numérisé non relu

UN MOUVEMENT NATIONAL EN

jusqu'à écrire trois lettres dans la même journée au grand juge Régnier pour stimuler son zèle. Dans Tune, il rinvitait à réprimander les propriétaires du Jourml des Débats et du Publiciste^ pour avoir publié des nouvelles empruntées aux journaux allemands et relatives à de prétendus armements dans les ports de la Russki Dans l'autre, il lui ordonnait d'enjoindre au propriétaire du Citoyen français d'avoir à changer de rédacteur. Dans la troisième, il lui prescrivait d'interdire aux journaux la reproduction < des nouvelles politiques tirées des gazettes étrangères. » Du reste, ajoutait-il, il demeure toujours libre emx journalistes de répéter les nouvelles qui pourront itre publiées par U journal officiel . Ils avaient le droit de copier le Moniteur ; c'était la seule liberté qu'il leur eût laissée 1

Ainsi non-seulement toute discussion politique était interdite à la nation française^ mais les nouvelles, c'est-à- dire les faits eux-mêmes, cette partie matérielle, immuable, indestructible de la vérité, qui est indépendante de nos interprétations et qui, aussitôt qu'elle a été, demeure éternellement, ne devaient lui être connues que dans la mesure des convenances de son gouvernement. Par ce moyen tous les faits qui auraient pu servir à faire juger sa politique et à éclairer les esprits étaient de droit supprimés. Un événement n'existait pas tant qu'il n'avait pas été dûment constaté et légalisé par le Moniteur. Nelson pouvait anéantir notre marine à Trafalgar, ce fait insolent n'était pas reconnu, et malheur à qui eût osé y faire allusion ! il ne commença à exister

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