‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 61 sur 310 · Déposition de Fauconnier · texte numérisé non relu

Déposition de Fauconnier

152 HISTOIRE DE NAPOLÂOIf V.

moraliste dit < que celui qui veut conspirer doit avant tout ne pas craindre la mort. » Ainsi Pichegni voulant quitter la vie aurait pris soin d*écarter lui-même toutes les apparences qui auraient pu faire croire à un assassinat! Pour faire connaître son intention de se suicider il aurait songé à demander un Sénèque au lieu d'écrire un mot sur ses dernières volontés; il aurait choisi ce moyen indirect et détourné^ ce moyen théâtral et contraire à son caractère ; il aurait voulu préparer cette justification à son plus mortel ennemi ! 11 faut convenir qu'on sent là trop d'artifice et d'arrangement, et ce dernier trait dépasse la me* sure, car il est plutôt de nature à faire nattre les toutes qu'à les dissiper. Il faut en dire autant de la première exclamation qui selon le témoignage de Savary échappe à Real lorsqu'il est informé de l'événement : « Eh bien 1 quoiqu'il n'y ait rien de plus évidemment démontré que ce suicide, on dira toujours que n'ayant pu le convaincre nous l'avons étranglé*. > Telle fut en effet l'impression universelle au moment où l'on apprit cette mort et où toutes les circonstances de l'événement étaient encore gravées dans les esprits. On allajusqu'àdésigner lesexécuteurs, c'étaient ces mamelulcs que Bonaparte avait ramenés d'Orient -et dont il s'entourait, ministres bien choisis en effet pour cette exécution à la turque. Les prisonniers racontèrent que la nuit ils avaient entendu le bruit d*une Jutte dans le cachot de Pichegru^ Savary atteste que Jongues années après un haut fonctionnaire qui était

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