Fauche Borel
MORT DE PICHS6R0. 153
son ami lui parla de Tassassinat de Pichegni t comme d'une vérité dont il ne doutait pas. > Le baron de Dalberg, alors représentant de Bade à Paris, était l'interprète du sentiment général du corps diplomatique lorsqu'il annonçait à son gouyemement « que Pichegru a?ait été choisi comme victime. L'histoire des empereurs romains, le bas empire, ajoutait-il, voilà le tableau de ce pays, de ce règne S * comparaison d'autant plus juste qu'à ce moment même, et comme s'il avait voulu en confirmer l'exactitude, Bonaparte irrité des murmures des salons de Paris faisait insérer dans tous les journaux un article « but les causes qui avaient pu déterminer Constantin à former une nouvelle capi^ taie.* Il avait plus d'une fois annoncé tout haut son intention vraie ou fausse de transporter la capitale à Lyon, et il choisit ce moment pour publier cette menace des plus transparentes à l'adresse des Parisiens. Depuis cette époque, le temps qui aSaiblit toutes les impressions a presque effacé les soupçons auxquels avait donné lieu la mort de Pichegru ; mais pour qui se transporte au milieu des circonstances du moment et les examine avec une froide attention, les motifs de suspicion restent intacts. Indépendamment des points de fait que nous avons établis, la mort de Pichegru donne lieu à une double question. Bonaparte était^il ca/>a6fe d'employer un tel moyen pour se défaire de Pichegru? Le meurtre du duc d'Enghien, victime infiniment plus pure, plus innocente, plus intéressante que Pichegru, et qui avait été sacriGée quinze jours auparavant, dispense de répondre à cette question. On