‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 66 sur 310 · Adreue du Sénat · texte numérisé non relu

Adreue du Sénat

l'empire. 161

Bonaparte accueillit avec une calme gravité le vœu des sénateurs, mais il crut devoir manifester Tétonnement d'un homme pris au dépourvu. Il demanda à réfléchir avant de répondre à une proposition dont il avait eu seul l'initiative. Ce qu'il voulait en réalité c'était gagner le délai indispensable pour tout régler et pour préparer les esprits à une transformation dont personne ne sentait la nécessité. En même temps donc qu'il taisait débattre au conseil d'État par ses orateurs les avantages comparés du système électif et du système héréditaire, en même temps qu'il affectait avec certains personnages d'hésiter entre un empire et un statkoudérat*, il pressait ses préfets d'activer les démonstrations de toutes les assemblées placées sous leur dépendance; il chargeait ses ambassadeurs de négocier la reconnaissance de son nouveau titre auprès des cours étrangères, particulièrement de la Prusse et de TAutriche; il discutait avec ses frères Joseph et Louis tantôt l'éventualité d'un divorce, taniét le mode d'après lequel devait être réglée l'hérédité; il s'efforçait de faire accepter à Louis Tidée d'une adoption devant laquelle ce dernier se récriait avec horreur, disant qu'on voulait le déshonorer et confirmer les bruits injurieux auxquels avait donné lieu la naissance de son premier ûls; enfin il mandait à ses généraux' de consulter l'opinion de l'armée, en ayant soin toutefois de n'adresser cette invitation qu'à ceux qui étaient capables d'en comprendre le sens. Cette dernière formalité était d'autant plus dé-

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