‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 67 sur 310 · Miot de Mélito · texte numérisé non relu

Miot de Mélito

î. Lettre à Soult, U avril 1804.

IftS HISTOIRE De NAPOLKO.N 1".

risoire ijoa les voem des solfiais étaienl d'avance exploités comme uae mena:» auprès des membres du Sénat, du Corps légîslalif et du Tribunal. On leur faisait dire sous luaia < que l'ariDée était ioitiatieute, que ses cIil'I's ci'arg:naii.'nt de nu pouvoir bienlJt plas la contenir, qu'il Pliait donc s.- liâtcr si l'oa ne voulait |ms voir consniniui^e |i.ir U force militaire une révolution qui devuil être laito par les pouvoirs dvil»; > L'aj-mée f'tail donc au fond le levier qui faisait mouvoir tout l'EUit. U est facile de conipreudre le réâLiltat de ce mouvement général im[jrimé à cette machine si Uea orgaoîsée pour le despuilsmc; uue fois jeté diiiu la liliére t'iijnpire suivait une uiarclie régulière, prévue, que rien ne pouv.iil aiTiiLûr désormais, >i ce n'est un iiasiLrd eilraordiu^re.

L'Europe étiiit ni>eiiis disclpUm'ie se oiontra moins Lomplaisadle. Nous avons va eauim?nt Bonaparte, à la suite de la rupture ttu tniitù d'Aniiens, en était .arrivé en peu de temps k exaspérer contre nous par ses exigenci-8 intiailBJjles les ^Is les mieux disposés en notre faveur, et cela au moment où la guerre dons laquelle noua venions de nous engager nous imposait plus que janriBis- le devoir de les ménager. Nous l'avons vu s'a'iénunL le cœur des peuples alliés par

i déprédatijijs, pressurant sans pitié les nations dépendantes, lumillantsans mesure l'Autictie vaincue, irritiDt la Uussîe faute d'avoir pu l'amener i. prendre parti contre l'Angleterre, repoussant enlîn avec une aveugle infatjatiun lu main que lui tendait U Prusse pour une clause qu'elle refusait à son obstination. Un complut isolement fut la conséquence naturelle de cette politique. Les sentiments d'bostiliti^

que raUitudft éiiigmatique des puiasances révélait eussent suffi à eui seuls pour fiure reculer le Premier Consul devant un fait aussi énorme que TeDlèvement du duc d'Eoghien en pleine paix sur le territoire germanique, s'il eût possédé ce génie politique qu*on lui a si facilement attribué. Si en effet il ne prévoyait pas les conséquences inévitables d'un tel événement, dans la disposition peu amicale oii se trouvait l'fiurope, il fiuit lui dénier presque absolument ce tact et cette justesse d*esprit sans lesquels il n'y a jamais eu de grande politique; s'il les prévoyait et si, selon une expression qu'on surprit plus d'une fois sur ses lèvres, il voulait « vaincra l'Angleterre en battant l'Europe, > s'il préféra sa vengeance à la paix du monde, s'il commit froidement ce crime avec la conscience des calamités qu'il allait att'rer sur son pays, il n'était dès lors qu'un insensé et un furieux à mettre hors la loi du genre humain.

L'impression produite sur les puissances européennes par l'enlèvement et le meurtre du duc d'Ënghien fut un sentiment unanime d'indignation, mais elles étaient loin de se trouver toutes en état de le manif»5Ster. La Prusse ne témoigna son mécontentement que par un profond silence; mais elle se la aussitôt à la Russie par un traité secret '. Les deux puissances s'engageaient à nous déclarer la guerre dès « le premier empiétement du gouvernement français contre les États du nord. » Le cas seul d'une augmentation de nos troupes dans le Hanovre suffirait pour leur donner le droit de récla.ner le casus fœderis. L'Autriche,

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