‹ Histoire de Napoléon Ier (volume 2)Chapitre 75 sur 310 · I. IloniipnrtcàCanilKicéiî's, 0 juin IKO · texte numérisé non relu

I. IloniipnrtcàCanilKicéiî's, 0 juin IKO

PROCÈS ET PROSCRIPTIOH Dl aiORSAU. 195

rmssàU qoe -des accusés avaient déclaré qiwL Mea de iToîs eatrevues evtre Picbegru etUoreau, il y en avait eu cinq; et qu'il désirait en conséquence que le procoreor général demandât l'entrée à la séance^ vu que les ju§es étaieru encore en déUbéraiiùn, pour dénoncer à la cour un nouvel ordre de choses.... Cette dénonciation, aj(mtait*il, serait jointe k la procédure et dennaraU Heu à une rédaction de semence plus conforme à la justice et àPiraérêtde VÈtaL » Ces derniers mots prouvent jusqu'à l'évidence qu'il coonaissait le premier résultat de b délibération, et que pour faire reculer les juges il n*hèsitaît pas à leur signifier son mécontentement. La communication fut faite et la délibération reprise. Thuriot revint sur la pénible extrémité à laquelte on aliait réduire le gouvernement en le forçant à faire un coop d'État. Hémart insista sinr le mauvais effet qui serait produit à l'extérieur par l'acquittement de Horeao. Les puissances seraient heureuses d'un tel prétexte pour refuser de reconnaître l'empereur . Lecourbe proteste énergiquement contre les manœuvres employées pour influencer les juges; ses collègues commencent à faiblir. Alors Bourguignon propose un moyen temae qui consiste à condamner Moreau en lui assurant le bénéfice descirconstances atténuantes : les juges donneront ainsi à la fois satisfaction à leur conscience en le fn^)pant d'une peine légère, et au gouvernement en lui offrant lacondamiiation qu'il réclame. Cette transac.î tion est aussitôt acceptée par la faiblesse des uns et la complaisance des autres. Lecourbe et Rigaud persistent seuls dans leur opinion et soutiennent jusqu'au bout rhonnëte homme victime de la plus lâche et de la plus odieuse persécution. Moreau est condamné à

•ir XAroLEON 1

tr

^Cp'

^., :rr: autres accusés, iMtrmi les- ..^ ..:^ \'i.ifriiCf le marquis de Rivière, "^,c^ , nvr;; le reste est acquitté*.

. itf Voreau avait échappé à la peine ^-..^^^rf-:.' î -t un transport de fureur, proba- .vv.irt; l^insinuent ses panégyristes, pour ^ ^,. AVision d'exercer son droit de grâce. .^ ^x> ::e jusqu'à écrire que les juges avnient .^ n^*55:on de l'opinion publique qui leur avait i:*^ indulgence contraire à tous leurs senti- ,.L fait sacrifier le devoir à la popularité? Une »L'. ie Topinion dans un temps où Topinion était . .icv : Dans un temps où il n'y avait ni une tribune i:f journal où put se faire entendre une voix libre! •i.,iji un temps où le pouvoir tenait toutes les exis- ( V.VS dans sa main! Selon ces honteuses apologies, la ,.time dans ce procès n'était pas Moreau, mais Bona- Airto; et ils donnent comme preuve de ses intentions clémentes, son empressement à commuer les deux années de détention en un exil perpétuel qui le débarrassait pour toujours de Moreau! Citer de pareilles aberrations, c'est en faire justice. Moreau fut moins sensible à la peine en elle-même qu'à la déclaration ini |ue qui l'affirmait coupable, « On vient, écrivait-il au sortir de l'audieuce, de me condamner à deux ans de prison. C'est Je comble de Thorreur et de l'infamie. Si je suis un conspirateur, je dois périr. Certes, il ne peut y avoir de circonstance allénuante comme le jugement le porte.... S'il était constant que j'avais

I. Lccoiirhff : 0//i;jioh sur le prncci de Morena. — Pi'ocvs -verbal de ce fini s'e:t pa^isé dans la Chambra du Conseil,

PROCiS ET PROSCRIPTION DE MOREAU. 197

pris part à la conspiration, disait- il encore, je devais être condamné à mort comme le chef. Personne ne croira que fy aie joué le râle d'un caporal'. »

La commutation de la peine en un exil perpétuel fut non pas demandée par Horean, comme on l'a dit» mais proposée par Fouché au nom du gouvemement à Mme Moreau qui tremblait que son mari n'éprouvât le sort de Pichf gru et qui accepta sans hésiter. Moreau resta étranger i la négociation. « Si le gouvernement, écrivait-il à ce sujet, ne se trouve pas encore assez rassuré par ma détention dans une prison d'État, s'il lui laut un exil hors de France, je m'y soumettrai, puisqu'il n'y a jamais déshonneur à obéir à la force, mais je ne puis négocier sur ce point; mon consentement ferait de cette nouvelle peine une grâce et je n'en veuxpas^. » Ses pressentiments ne le trompaient pas; c'était en effet une faveur que Bonaparte prétendait avoir accordée à Moreau, en le bannissant de sa patrie; et il s'efforça de faire croire que cette grâce n'avait été octroyée qu'à la prière du général : « Vous avez sollicité, lui écrivait le grand juge à la date du 21 juin 1804, la faculté de vous rendre aux États-Unis, et l'intention de Sa Majesté est que vous ne puissiez rentrer en France sans avoir préalablement obtenu sa permission expresse. » La réponse de Mme Moreau , faite au nom de son mari malade, prouve que non seulement le général était resté étranger à la démarche , mais que la durée de l'exil n'avait pas été prévue, et que le prétendu bienfait cachait un nouveau piège, t Cest moi

Page 1