PLAN DB LA CAMPAGNE MARITIME. S
extrême, on la préparait maintenant pour l'automne de 1804. Napoléon en présence des objections persistantes de ses tiommes de mer avait fini par admettre l'impuissance de la flottille isolée; il voulait la faire appuyer par une flotte assez forte pour être maltresse du canal pendant quelques jours. D'après son projet, une de nos flottes devait profiter d'un gros temps qui éloignerait les croisières anglaises pour sortir, opérer sa jonction avec une autre escadre qu'elle débloquerait; elle pourrait alors se présenter devant Boulogne arec des forces supérieures. Pour réaliser ce plan il avait jeté les yeux sur Latouche-Tréville qu'il considérait comme le plus hardi de nos marins. Latouche-Tréville devait sortir de Toulon avec dix vaisseaux en trompant Nelson qui croyait cette flotte destinée à reconquérir l'Egypte ; il se porterait de là sur Rochefort où il rallierait six vaisseaux et plusieurs frégates ; et il viendrait alors donner dans la Hanche soit directement soit en doublant l'Irlande. < Que nous soyons maîtres du détroit pendant six heures , et nous sommes les maîtres du monde ! » écrivait Napoléon après lui avoir exposé ce plan embryonnaire qui allait être modifié plus de vingt fois avant de revêtir sa forme définitive^ L'Empereur supposait que Latouche-Tréville , en parlant de Toulon le 30 juillet, pourrait se présenter devant Boulogne dans le cours de septembre ; mais l'amiral sur qui reposaient de si grandes espérances, mourut à peu de temps de là d'un mal dont le germe avait été contracté à Saint-Domingue. Latouche-Tréville est avec Bruix, qui sut comme lui mourir à temps