MemoriaU and eorrespondtnee of Charles James Fo», Editad
by lord Joiin Russell : vol. III.
RUPTURE DU TRAITÉ d'aMIENS. 489
cusait à Londres d'être « un agent du Premier Consul ^ » Cette boutade du public anglais à l'adresse de rhomme qui avait si longtemps été son favori montre combien la nation était excitée. Cependant soit qu'elle fût satisfaite de Tattitude plus digne que le gouvernement avait prise, soit que ses ressentiments fussent calmés par l'écho même qu'ils avaient trouvé dans les deux chambres, celte émotion fit bientôt place à une tranquillité relative. C'est à ce moment, c'est-àdire vers le commencement de décembre 1802, que l'ambassadeur du Premier Consul, Andréossy, arrivait en Angleterre, et que celui d'Angleterre, lord Whitworth, arrivait à Paris. Lord Whitworth était un grand seigneur, un peu froid et réservé de manières, mais d'un esprit juste et sagace, sa correspondance diplomatique en fait foi, et d'une parfaite loyauté. Il avait été antérieurement ambassadeur en Russie, et ce motif avait paru suffisant à Bonaparte pour l'impliquer dans l'assassinat de Paul l". Au reste, la promptitude et la facilité avec lesquelles Bonaparte imputait à ses adversaires les actes les plus atroces sont un trait caractéristique, et elles doivent d'autant plus être notées ici, qu'au moment dont je parle, on jugeait en Angleterre l'attentat du colonel Despard contre la vie du roi Georges, crime en tout semblable à celui dont le Consul avait failli être victime, et que malgré les fortes présomptions qui indiquaient que le complot avait des ramifications en France *, pas une voix ne s'était élevée pour exploiter