‹ Histoire de Napoléon IerChapitre 108 sur 112 · Annual register for the year · texte numérisé non relu

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ce grief vrai ou faux contre le gouyememeot £ran- Cais«

Bieû que les deux nations fussent maintenant placées face à face et en quelque sorte l'arme au bras par suite de tout ce qui s'était dit ou fait de part et d'autre, les deux aaoJSassadeurs furent reçus à Londres comme à Paris avec de grandes démonstrations de bienveillance et de courtoisie. Il y eut des deux côtés pendant les mois de décembre et de janvier un accord tacite pour ne pas aborder les questions irritantes. La France ne parla ni de la presse britannique, ni de Tévacuation de Malte qui n'était pas encore effectuée en raison des conditions que la Russie mettait à sa garantie, ni de l'évacuation de l'Egypte déjà commencée mais non encore accomplie; TAngleterre ne parla ni de la Hot lande, ni du Piémont, ni de l'tle d'£lbe, ni de Parme, ni de la Suisse dont le sort était d'ailleurs encore en suspens. On semblait vouloir s'étourdir volontairement pour mieux jouir des derniers rayons de la paix. Le Premier Consul qui avait de bonnes raisons pour prévoir sa courte durée, envoyait renforts sur renforts i Saint-Domingue pour remplacer l'année d'expédition anéantie par la ûèvre jaune. Quinze mille hommes étaient partis en novembre et en décembre, quinie mille autres devaient bientôt les suivre^; il était homme à y engloutir dix armées plutôt que de renoncer à sa conquête. A llntérieur jamais il n'avait été plus sûr de son pouvoir. Le vote sur le consulat à vie.avait frappé ses ennemis de stupeur et demuti^oae.

1* Bonaparte à Lederc, 27 novembre 1802. A Deccès, 5 fémer

RUPTURE DU TRAITÉ D'aMIENS. 491

Il avait mis à profit ce surcroit de puissance en se débarrassant de Fouché^ homme utile qui avait eu la faiblesse de se croire nécessaire, et qui avait montré en quelques occasions plus de clairvoyance qu'on ne lui en demandait. Les despotes n'aiment pas les instruments qui raisonnent. Pouché se prêtait, il ne se donnait jamais; c'est là surtout ce qu'on ne pouvait lui pardonner. Rœderer devenu trop exigeant en raison même de ses services, ftit disgracié en même temps, ainsi que Bourrienne qu'on accusa de vénalité, crime devenu capital seulement depuis qu'on voulait se débarrasser de lui : son vrai tort était de montrer trop souvent dans le serviteur l'ancien égal de l'école militaire et le témoin des jours de jeunesse et de pauvrrté. Le Premier Consul devait beaucoup à ces trois personnages, mais il ne se déterminait pas par des raisons de sentiment; ses anciens fevoris le savaient de reste. Ils n'avaient, pour se consoler, qu*à jeter les yeux sur le spectacle qu'offrait alors sa famille. Joséphine à qui il avait refusé le mariage religieux, malgré ses supplications, et qui avait déjà de sérieux motifs pour craindre un divorce, vivait dans les angoisses et dans les larmes ; Lucien était en guerre ouverte avec son frère pour avoir gardé sa parole envers le roi d'Espagne; Joseph se plaignait amèrement à son ami Mio* des procédés du Premier Consul* ; enfin Louis, marié à son corps défendant depuis le 4 janvier i802, géiïMSSait sur sa triste aventure qu'il a luî^nême racontée en ees tersoies; « Jamais cérémonie ne fut plus triste! Jamais deux époux ne reçurent plus vivement

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