HÉLIOPOLIS
venimées de Napoléon; sur cette équivocpie et sur quelques faits dénués de preuves il a échafaudé ces accusations qu'il réfute en partie lui-même dans sa corr.espondance * et qui ont été reproduites servilement par plusieurs historiens. D'après ces ingénieux narrateurs, comme d'après lui, non-seulement Kléber aurait menti , mais toute l'armée, dont la correspondance a été interceptée en même temps que la sienne et contient les mêmes assertions, se serait concertée pour mentir avec lui. Il aurait lui-même propagé le découragement parmi les soldats, fomenté les révoltes, encouragé les suicides. Si l'on ne connaissait l'empire de la routine et de la prévention sur les esprits les plus libres de préjugés, on pourrait s'indigner de voir des historiens sérieux préférer au témoignage de cette âme grande et loyale* les assertions d'un homme qui n'a pas écrit une page où l'on ne puisse le prendre en flagrant délit de mauvaise foi. Ils sont pour ainsi dire impatients de lui immoler toutes les gloires et toutes les réputations du temps, comme si après sa mort, aussi bien que de son vivant, sa grandeur ne se composait que de l'abaissement de tous : c'est oublier que les contemporains ne s'y prirent pas autrement pour élever l'idole sous le poids de laquelle ils ont si longtemps gémi. Mais il n'y a pas d'idoles pour l'histoire.
S'il est admissible qu'il s'est glissé quelques inexactitudes de détail dans le rapportde Kléber, ilestimpossi-