‹ Histoire de Napoléon IerChapitre 47 sur 112 · Voir à ce sujet la note du premier volume, page · texte numérisé non relu

Voir à ce sujet la note du premier volume, page

2. Les étrangers ont été plus justes. Robert Wilson qui a pour ainsi dire écrit sous la dictée de l'armée anglaise d'Egypte a rendu un magnifique hommage à la noblesse et à l'élévation de caractère de Kléber : Hùtory of the british expédition to Egypt, 1803.

HISTOIRE DE RAPOtÉON l*'.

Me d'en contester les doimées générales non plus qne la conclusion. L'évacuation immédiate était le meilleur parti qu'on pût tirer alors d'une erreur qui n'avait duré que trop longtemps et ne pouvait porter que des fruits de plus en plus amers. Cette vérité ne faisait doute pour personne dans l'armée, si ce n'est pour trois officiers généraux Desaix, Menou et Davoat L'opinion seule de Desaix avait un grand poids, mais au point de vue ^clusivement militaire. Desaix tout dévoué à Bonaparte , exalté par lui au delà de toute mesure au détriment des réputations qui lui portaient ombrage, était un général excellent, mais un esprit de portée médiocre. U avait peu ou point d'opinion politique ; il ne demandait qu'à se renferma: dans sa spécialité, qu'il envisageait indépendamment des influences qui réagissent sur elle, la relèvent et l'ennoblissent. D s'était habitué à considérer sa profession, abstraction faite des devoirs civiques auxquels elle se rattache, selon la tendance nouvelle de l'armée. Il n'avait pas de haute ambition et n'eût jamais disputé le premier rang à personne. C'était en un mc^ l'homme du métier, dans son type il est vrai le plus élevé ; et c'est ce que Bonaparte aimait tant en lui, car il a donné Texacte mesure de Desaix en disant qu'il aurait fait de lui le premier de ses maréchaux. Desaix croyait donc ^ la possibilité de résister encore, mais ce qu'il ne savait pas voir avec l'étendue d'esprit qui faisait la supériorité de Kléber^ c'était l'inutilité de cette résistance et son terme inévitable.

Bonaparte qui a accusé si sévèrement la loyauté de Kléber, reçut avec un transport de colère le rapport relatif à l'évacuation et lui répondit par les plus gra-

HÉLIOtPOLIS. 227

cieox compliments^ n ie chargeait de U^àter en son Dcnn l'armée de s^ immortels travaux : < Quant à vous lui disait- il y qui avez si bien justifié le choix du Premier Consul lorsqu'à scm départ de TÉgypte il vous confia le conmismdement de l'armée, vous ne doutez point de la satisfaction quil éprouve de votre retour et de la condmte que tous avez tenue pour soutenir riionneur français.^ » Mais à peu de temps de là il écrivait aux consuls : < Js regarde comme infâme qu'on ait itbandonnéeÉgypu*. « Et à Talleyrand : « faites wasttre au MonUeur que si je fusse resté en Egypte c^te soparbe colonie serait «icore à noiis, que le ^and vizir n'avait pas au delà de trente mUUhommes... qnefescadre de Srest qui portait 6000 iK)mmes serait parvenue à jeter vn mois plus tôt un mois plus tard des secours m Egypte^ etc. i»

Le grand vizir avait^ iM)n pas trente mille, mais quatre-vingt mille hommes, l'escadre de Brest ne porta aucun secours, ni un mois plus tôt, ni un mois plus tard; cependant l'évacuation n'eut pas lieu. On sait comment la capitulation d'Ël Ar3^h fut rompue. Dans son empressement d'épargne à son pays les efforts et l'effusion de sang sans lesquete on ne viendrait pas à i>out de notre armée d'Egypte, sir Sidney Smitli, se croyant sûr d'obtenir l'adhésion de son gouvernement, avait pris dans ces négociations le titre de ministre plénipotentiaûre de S. M. Britannique, titre qu'il avait eu en effet, mais qu'il n'avait pli» depuis l'envoi de lord Elgin à Constantinople. Mais peu de jours après

Page 1