‹ Histoire de Napoléon IerChapitre 48 sur 112 · A Kléber, 19 avril · texte numérisé non relu

A Kléber, 19 avril

S. Aux consuls, 15 mai 1800.

là signature du traité qui laissait à nos troupes le passage libre pour retourner en France, et avant que l'existence de cette convention fût connue à Londres, des ordres formels de l'amirauté arrivèrent à l'amiral Keith de ne consentir à aucune capitulation à moins que notre armée ne se rendit prisonnière de guerre. Il n'y. avait eu donc là aucun piège de la part du gouvernement anglais, car il se hâta d'approuver la convention, aussitôt qu'il connut la part que Sidney Smith y avait prise. Il y avait eu seulement une usurpation de pouvoirs inspirée à ce dernier par trop de bonne volonté. Sir Sidney fut désespéré, car toutes les apparences étajent contre lui : il s'empressa de prévenir Rléber. Ce général reçut bientôt de l'amiral Keith une lettre dans laquelle lui étaient signifiées les dures conditions que le cabinet anglais prétendait lui imposer. Kléber la lut avec son calme accoutumé : « Demain, dit-il froidement à l'envoyé, l'amiral connaîtra ma réponse. »

Le lendemain il fît mettre à Tordre du jour la lettre de Keith, en la faisant suivre de cette proclamation laconique, la plus simple et la plus belle à la fois, que jamais général ait adressée à ses troupes : « Soldats, on ne répond à de telles insolences que par des victoires, préparez-vous à combattre ! » L'armée avait déjà évacué, en exécution du traité, la haute Egypte et les postes les plus importants, mais ce malheur n'était pas sans compensation, car dans la circonstance actuelle, elle ne pouvait vaincre qu'à l'aide d'une complète concentration de toutes nos forces. Cependant toute concentrée qu'elle fût, et quelque réduit que fût le nombre des forts qu'elle occupait encore, elle ne

Page 1