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Bulletin des lois, arrêté du 4 mars

posée de légistes éminentSi Tronchet, Portails, Malleville, Bigot de Préameneu, et maintenant terminé, n'était guère que le résumé des travaux antérieurs de la Constituante et de la Convention; il allait être soumis au contrôle de tout ce que la France possédait de jurisconsultes éclairés ; il devait être ensuite présenté avec leurs observations au Conseil d'État dont les débats fileraient le projet définitif; et c'est seulement sous cette dernière forme, après avoir passé par cette longue filière d'épreuves successives, qu'il serait soumis à la sanction législative. On voit par là ce qu'on doit entendre par ce titre si souvent prodigué à Napoléon d'auteur du Code civil. On peut dire que le Code était presque achevé lorsqu'il intervint pour sa part dans les discussions du Conseil d'État, dont les amendements furent loin d'être toujours heureux. Je préciserai plus tard dans quel sens bon au mauvais s'exerça l'influence du Premier Consul sur cette œu- .vre collective.

Depuis la conclusion du traité de Lunéville , la politique extérieure du Premier Consul n'avait plus qu'un but celui d'écraser l'Angleterre, et pour parvenir à ce but, il possédait maintenant des moyens plus efficaces que les injures sans dignité dont il ne se lassait pas de remplir tous ses discours publics, aussi bien que les colonnes du Moniteur. La défaite de l'Autriche à Hohenlinden, la résurrection de la ligue des Neutres sous les auspices de Paul I*' avaient non-seulement isolé l'Angleterre, mais avaient retourné contré elle la coalition qu'elle avait si longtemps armée contre nous. Il ne lui restait plus en Europe que deux alliés à la veille de succomber, Naples et le Portugal ; et

avec eux la Turquie qui n'était guère moins impoîssante. Murât marchait sur Naples; Gouvion Saint- Cyr se préparait à entrer en Espagne avec vingt;-cinq mille hommes pour opérer sa jonction avec les troupes du Prince de la Paix et soumettre. le Portugal. Le traité de Lunéville, en décidant l'érection du trône de Toscane en faveur de Tinfantde Parme, avait fait connaître les conditions du marché qui nous assurait la coopération de l'Espagne; mais ce qu'il n'avait pas révélé c'est que Bonaparte avait encore stimulé le zèle de cette puissance en lui laissant entrevoir que le trône de Toscane pourrait bien se transformer plus tard en un trône de Naples*, promesse qu'il savait pourtant bien ne pas pouvoir tenir en raison des engagements qu'il avait pris envers la Russie.

Il suffit à Murât de se montrer sur les frontières pour faire tomber toute résistance. Le roi de Naples subit la loi, s'engagea à fermer ses ports aux Anglais, à nous céder sa part de Ffle de l'Elbe dont nous possédions déjà une moitié comme conquérants de la Toscane, enfin à recevoir et à nourrir dans le golfe de Tarente une division de quinze mille Français destinée à secourir FÉgypte. En même temps qu'elle perdait cet auxiliaire précieux par les ressources qu'il offrait à sa marine, l'Angleterre se voyait menacée au nord de l'agression imminente de la ligue des Neutres composée des forces navales réunies de la Russie, du Danemark, de la Suède et de la Prusse ; elle se voyait repoussée au midi de presque tous les ports de la Méditerranée, enfin elle était harcelée incessamment sur les côtes

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