Lettre du 15 mars
qu'il s'était étudié à témoigner au Pape et au clergé italien, sauf à se dédommager dans Fintimité par les expressions les plus méprisantes des marques de respect qu'il leur prodiguait en public. Avec ses familiers, celui qu'il nommait « le très-saint père* n*étaît plus que « le Tieux renard* » et les « vénérables prélats » étaient traités sans façon de pritraitte* on de radoîmrs imbécUes. Ces ménagements calculés n'avaient d'ailleurs duré qu'autant que l'intérêt qui les avait inspirés. A son retour à Paris, après la campagne d'Italie, trouvant l'esprit philosophique beaucoup plus puissant qu'il ne s'y était attendu, il avait aussitM abandonné ses clients de la veille pour flatter ropision dominante.^ Dans une circonstance solennelle, &k présence du Directoire et de tous les corps de l'État îasemblés, on l'avait entendu ranger la religion avec le royalisme et la féodalité parmi les préjugés qm fo peuple français avait à vaincre •. En Égjrpte, le philosophe devient musulman. Il ne lui suffit pas de recommander à ses soldats « d'avoir pour les Muphtis et les Imans les égards qu'ils avaient eus en Italie pour les rabbins et les évêques*, » il s'adresse aux populations arabes : t Nous aussi^ leur dit-il, nous sommes de vrais musulmans. IfesU-ce pas nous qui avons détruU U papcy qui disait qu'il fallait faire la guerre aux musui* mans* ?» Il se vante auprès d'elles d'avoir renversé la croix ; il encourage Menou à embrasser l'islamisme. Voilà ce que venait de dire et de faire celui