‹ Histoire de Napoléon IerChapitre 73 sur 112 · Moniteur du 20 novembre · texte numérisé non relu

Moniteur du 20 novembre

36i HISTOIRE DE NAPOLEON 1*».

ment; dans Tarmée ce fot le dédain, dans les assemblées poUtiqQes un froid mécontentement ou une indifférence affectée. LorB(^ Bonaparte notifia la aouv^Ile à ses fidèles da conseil d*État, un silence glacial fut leur seule réponse; «t lorsque peu après on leur lut le bref par lequel Pie VII Tendait à la rte civile * son ^rès-cher fUs TMHeyramdy» des rires étouffés se firent entendre, «t le ptus grand -nombre dédaigna de voter, dette resteuratkm de l'autorité «cdésiastique formait un tel contraste avec les mœurs €t les opinions que laRévdutîon avait fait triompher en France qu'on ne po%ivait en croire ses yeux: on refusait de !a prendre au sérieux, tant »on iavraisembkiiice était criante.

Bonaparte lui-ménie eut parfois quelque peine à conserwrtoirte sa gravité. Le jour où ConsaM, revêtu de la pourpre romaine, iui préseiAa la copie du traité dans une audience publique, lef remier Consul fut pris d'une telle oonvolsieQ 4e rire que Tassistance en ^• meura•il]tterdite.La grande préoc^pation des hommes officiels dans les cérémontes du «culte était alors de garder leor «érieux jusqu'au bout. < Si un seul rire eût donné le signal, a écrit l'un -d'eux au sujet du sacre, nous cosrions 'le nsque de to«ft>er -dans le rire inextioguible des dieux d'Homère. » <je\m que poursuivait i«tte crainte n'était pas un laïque, mais un des principaux dignitaires de l'Église*.

Le Premier Consul attendait avec une vive impatience l'envoi de la bulle relatÎTe aux drconscrîptions diocésaines et de celle qui devartpourvoirles évédiés ;

1, C'était rju*chevêque de Malme».

il pressait sans relâche la cour de Rcooe d'en linir sur ce point, lui adressait instances sur instances, refusait de recevoir son légat Caprara^ jusqu'à ce quelle lui eût donné satisfaction; mais son zèle si nouveau pour les intérêts religieux n'était pour rien dans cette ardeur. Dans sa recherche incessante de Teflét, de l'impression à produire sur les imaginations, il avait conçu le plan d'un coup de théâtre d'un nouveau genre, d'une sorte de Marengo diplomatique destiné à éblouir par la paix ceux qu'il avait jusque-là éblouis par la guerre. Il voulait que tous les traités de paix qu'il venait de conclure successivement avec les puissances européennes fussent annoncés le même jour et à la même heure dans une grande fête de la Paix donnée à l'anniversaire du 18 brumaire, et à tous ces traités il voulait joindre le Concordat, « afin que la paix de l'Église et la paix de l'Europe fussent publiées en même temps dans toute l'étendue de la république *. » Il avait ordonné de grands préparatifs pour cette solennité, il avait fait incruster le Régent sur la garde de son épée*, symbolique déplacement des insignes du pouvoir tombés désormais de la couronne au glaive. Mais malgré tant de soins et de combinaisons, ce grand coup d'éclat fut manqué par suite des éternels retards de la Cour romaine, qui prétexta n'avoir pas eu le temps nécessaire pour recevoir la réponse .des évêques réfugiés en Allemagne. Et ce qui achève de peindre les sentiments qui avaient inspiré cette mémorable négociation et le genre d'importance qu'on y attachait,

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