‹ Histoire de Napoléon IerChapitre 79 sur 112 · Talleyrand à Joseph, 20 novembre · texte numérisé non relu

Talleyrand à Joseph, 20 novembre

rain des négociations se trouva tout d'abord déblayé des seuls véritables obstacles à la conclusion de la paix. Dans Timpuissance d'arriver à un accord sur ces questions compliquées, on résolut de les ignorer, de faire comme si elles n'existaient pas: car, on ne pouvait se le dissimuler, le jour où Ton s'apercevrait de leur existence il faudrait reprendre les armes. Telle fut la signification des conférences d'Amiens. On voulut bien livrer au public ces formules de paix dont il était devenu si avide, mais on le fit avec l'intime persuasion que sur de telles bases on ne pouvait signer qu'une trêve.

Par suite de ce parti pris de ne parler pour le moment de rien de ce qui pouvait diviser ou irriter, l'objet des négociations se trouva considérablement réduit. Il ne s'agissait plus que de régler des contes tations relatives à l'exercice du droit de pêche, an payement des fournitures faites pour les prisonniers, enfin à la reconstitution de Tordre de Malte la seule question qui eût une réelle importance. L'affaire de Malte,bien que secondaire auprès des questions sousentendues, montra toute la profondeur des défiances qui séparaient les deux puissances en dépit de leurs protestations pacifiques. Bonaparte avait mis le premier en avant l'idée du protectorat de la Russie en faveur de l'Ordre reconstitué. Mais depuis qu'il n'espérait plus gouverner Alexandre aussi facilement que Paul, il s'était beaucoup refroidi pour cette idée. Il proposait maintenant que Malte fût placée sous le patronage du roi de Naples, prince qu'il était sûr désormais de dominer se trouvant le maitre effectif du reste de l'Italie. Convaincu par expérience que dans

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