Locré, Législation de la France, t. XI
4. Locré : Procès -verbaux du conseil dÉtat, t. I, séance du 14 vendémiaire an x.
pensées toutes personnelles pouvaient seules inspirer une doctrine aussi insensée. Il pensait en effet dès lors à divorcer avec Joséphine dont il n'espérait plus avoir un fils, et celle-ci qui l'avait deviné, suivait cette discussion avec une anxiété facile à comprendre. On remarqua vers la même époque qu'il fit sanctionner par un mariage religieux l'union purement civile de plusieurs des membres de sa famille, en se dispensant soigneusement lui-môme de recourir à cette consécration qui avait pourtant manqué à son mariage avec Joséphine. Cette rupture n'était toutefois pas définitivement arrêtée dans son esprit, il pensait aussi par moments à une adoption. De là les singulières variations de son langage sur ce dernier sujet au sein du Conseil a'Ëtat. Sa première intention était de donner à l'adoption une solennité extraordinaire, d'en faire une sorte d'acte créateur sanctionné par le pouvoir législatif et entouré d'un prestige sacré : « cet acte devait partir d'en haut comme la foudre! Le législateur interviendrait comme un grand pontife entouré des cérémonies les plus augustes! » paroles qui expriment bien son goût pour le merveilleux et le théâtral, mais où l'on voit qu'il pensait à luimême, car s'il aimait l'effet, ce n'était pas pour les autres. Mais l'année suivante, à la reprise des travaux du Code, cette fantaisie passagère s'étant évanouie, l'adoption n'était plus « qu'une simple transmission de noms et de biens*,» n'ayant plus d'intérêt à ses yeux.