Discours au Corps législatif, séance du 1*' mai
430 HISTOIRE DE NAPOLÉOIi I^.
porte infiniment^ VÉtat^ il impcHiieaux particolierSy fl importe aux sciences elles-mêmes, qu'elles ne soient distribuées qu'à un nombre de citoyens proportionné à l'état de la société* »
Or, il en est dans Tordre des lumières coname dans celui des affections : qui craint d'^i trop donner n'en donne pas assez. Tout dans cette nouvelle organisation était donc subordonné à l'intérêt réel ou sapposé de l'État. Elle ne contenait aucune disposition relativement à l'éducation des filles — qu'importait, en effet, àlÉtat? On ne pouvait faire des filles ni des administrateurs, ni des soldats. Fourcroy ne nia pas cette lacune, mais il assura que les familles s'empresseraient d'y suppléer spontanément. Un des défenseurs du projet, Challan, fut plus net : < DiscHis-4e franchement, s'écria-t-il, c'est aux soins du ménage que doit être particulièrement habituée cette intéressante moitié de la société 1 » La mère de famille suffisait amplement à cette éducation, et l'État n'avait pas i s'en mêlera Si le projet tuait l'enseignement libre alors très-florissant, en ne lui laissant accessible que l'instruction secondaire et en le soumettant à la nécessité d'une autorisation préalable , c'est qu'on ne pouvait lui permettre d'empiéter sur les fonctions de l'État, et si on laissait tomber l'instructloii primaire dans une détresse humiliante, c'est que l'État ne voyait aucun profit, du moins immédiat, à recueillir de l'initiation des classes pauvres à un commencement de culture intellectuelle; tandis qu'il croyait avoir un grand avantage à jeter dans son moule uniforme, et à