‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 2)Chapitre 22 sur 107 · Mémoires: notes et mélanges · texte numérisé non relu

Mémoires: notes et mélanges

GEWES, U LM, MARENGO. 147

quérir ses grades et en sauvant une armée qu'on regardait comme perdue ; il brûlait d’effacer le second par de nouveaux services. Ni l’un ni l’autre de ces torts ne pouvait faire oublier la droiture de ce caractère, sa modestie sincère au milieu des plus éclatants succès, son inébranlable fermeté dans les revers, son désintéressement, son éloignement pour toute intrigue et pour tout charlatanisme.

En attendant que Moreau ouvrît la campagne, ce qu’il ne pouvait faire faute de vivres et d’approvisionnements de guerre, Bonaparte pressait l’organisation de cette armée de réserve qui devait être le pivot de ces grandes opérations militaires. Il accélérait la marche invisible de ces bataillons, qui, selon son expression, arpentaient la France dans toutes les directions, il hâtait l’instruction des recrues, il faisait diriger sur Genève, Lausanne et Villeneuve une énorme quantité de vivres et de munitions. Avant la fin d’avril, cette armée comptait cinquante mille hommes, « disponibles de suite1 , » et son existence continuait à être niée universellement, même dans les bureaux de la guerre qu’on avait soigneusement exclus du secret. Cependant le conseil auiique de Vienne fut averti de la destination de l’armée de réserve, mais il ne tint aucun compte de cet avis 2. Bonaparte lui avait donné pour général son chef d’état-major Berthier, remplacé au ministère de la guerre par Carnot, qui selon son habitude invétérée de se considérer comme un homme nécessaire, apporta au Premier Consul le concours de sa grande réputation civique, sans songer que ce

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