‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 2)Chapitre 23 sur 107 · De Bulow : Campagne de · texte numérisé non relu

De Bulow : Campagne de

HISTOïBE DE NAPOLÉON Ier.

n’était pas à un proscrit de fructidor de servir le gouvernement de brumaire.

Ces cinquante mille hommes, réunis aux vingt mille du corps de Lecourbe que Moreau s’était engagé à détacher de son armée par un traité en règle, œuvre singulière et insolite de la défiance de Bonaparte, devaient former avec les vingt-cinq mille hommes de Masséna un total d’environ cent mille , nombre plus que suffisant pour anéantir Mêlas. On ne fait pas entrer d’ordinaire l’armée de Masséna dans cette évaluation, ce qui est un tort, car au moment décisif elle devait paralyser une partie considérable des forces autrichiennes.

Ainsi qu’on devait s’y attendre, les hostilités éclatèrent d’abord sur l’Apennin. Les instructions du Premier Consul prescrivaient à Masséna de ne se préoccuper en rien de maintenir ses communications avec la France. Concentrer à Gênes et dans les environs de cette place les quatre cinquièmes de ses forces, en laissant le reste dans les positions importantes du littoral jusqu’à Nice; en cas d’attaques simultanées, n’en accepter qu’une pour se trouver sur un seul point avec toutes ses forces réunies; attirer l’ennemi à lui en exagérant ses forces et en annonçant des secours de l’intérieur, afin de détourner son attention du Saint-Gothard et du Simplon, qui étaient les véritables points d’attaque; enfin tenir là jusqu’à la dernière extrémité en attendant qu’il pût être dégagé par l’armée de réserve, tels étaient les conseils qu’il donnait à Masséna *, conseils pleins de génie, mais qui prouvent

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