Bulletin des lois, arrêté du 4 mars
posée de légistes éminents, Tronchet, Portalis, Malleville, Bigot de Préameneu, et maintenant terminé, •n’était guère que le résumé des travaux antérieurs de la Constituante et de la Convention; il allait être soumis au contrôle de tout ce que la France possédait de jurisconsultes éclairés ; il devait être ensuite présenté avec leurs observations au Conseil d’État dont les débats fixeraient le projet définitif; et c’est seulement sous cette dernière forme, après avoir passé par cette longue filière d’épreuves successives, qu’il serait soumis à la sanction législative. On voit par là ce qu’on doit entendre par ce titre si souvent prodigué à Napoléon d'auteur du Code civil. On peut dire que le Code était presque achevé lorsqu’il intervint pour sa part dans les discussions du Conseil d'État, dont les amendements furent loin d’être toujours heureux. Je préciserai plus tard dans quel sens bon ou mauvais s’exerça l’influence du Premier Consul sur cette œuvre collective.
Depuis la conclusion du traité de Lunéville, la politique extérieure du Premier Consul n’avait plus qu’un but celui d’écraser l’Angleterre, et pour parvenir à ce but, il possédait maintenant des moyens plus efficaces que les injures sans dignité dont il ne se lassait pas de remplir tous ses discours publics, aussi bien que les colonnes du Moniteur. La défaite de l’Autriche à Hohenlinden, la résurrection de la ligue des Neutres sous les auspices de Paul Ier avaient non-seulement isolé l’Angleterre, mais avaient retourné contre elle la coalition qu’elle avait si longtemps armée contre nous. Tl ne lui restait plus en Europe que deux alliés à la veille de succomber, Naples et le Portugal ; et