Bonaparte à Talleyrand, 25 sept.*, à Berthier, ibid
TRAITÉ D’AMIENS
Au reste, le Premier Consul sentait si bien que cetto politique ne pouvait supporter la discussion que, lors» que les conférences s’ouvrirent à Amiens entre Joseph et lord Cornwalis, son premier soin fut d’établir que toutes ces questions seraient écartées des délibérations. Dès l’ouverture des négociations il faisait écrire à Joseph : « Vous regarderez comme positif que le gouvernement français ne veut entendre parler ni du roi de Sardaigne, ni du Stathouder, ni de ce qui concerne les affaires intérieures de la Balade , de C Allemagne, de rHelvélie et des républiques d'Italie. Tous ces objets sont absolument étrangers à nos discussions avec l’Angleterre, et le peu qui a été dit sur quelques-uns d’entre eux dans le cours de la négociation pour les préliminaires, prouve suffisamment qu’il ne faut sous aucun rapport y revenir aujourd’hui 1. »
C’était dire en d’autres termes que rien de ce qui se passait en Europe ne regardait plus l’Angleterre, et il y avait une illusion singulière à espérer d’elle une semblable abnégation. Au reste cette omission systématique convenait également à l’Angleterre qui avait absolument besoin d’un temps d’arrêt et d’un repos momentané ; aussi, en faisant ses réserves contre ce que le gouvernement français accomplissait dans ces divers États à ses risques et périls, consentit-elle à passer sous silence les changements qui étaient en voie de s’y opérer, convaincue qu’elle ne pouvait ni les approuver, ni s’y oijposer pour le moment. Grâce h ce sous-entendu sur le vrai sens duquel on ne pouvait se méprendre ni d’un côté ni de l’autre, le ter-