Napoléon à Belliard, 5 décemb
dans la capitale conserveraient leurs honneurs, et que ceux qui ne voudraient pas y rester en sortiraient librement. » Les troupes espagnoles avaient heureusement quitté Madrid dans la nuit qui précéda la capitulation. Il abolit le conseil de Castille, il flétrit publiquement ses membres du nom de lâches et de traîtres, les fît emprisonner en violation de l'article VI par lequel il s'était engagé « à maintenir les lois, les coutumes, les tribunaux dans leur forme actuelle, jusqu'à l’organisation définitive du royaume; » enfin il frappa d’une détention perpétuelle le prince de Castelfranco, le marquis de Santa-Cruz, le comte d’Altamira au mépris des clauses les plus formelles de la capitulation, sous prétexte qu’ils étaient compris dans le fameux décret d'amnistie. Mais ceux qui n’y avaient pas été compris n’étaient pas mieux à l’abri de sa vengeance. Il fit condamner à mort le marquis de Saint- Simon, grand d’Espagne, sous prétexte qu’il était émigré français; il consentit, toutefois, à lui faire grâce de la vie en présence de la réprobation universelle que souleva cette iniquité dans son propre camp. Il se contenta de le faire déporter en France avec une foule d’autres Espagnols influents dont le seul crime était d’être restés fidèles à la cause de leur pays.
N’ayant plus rien à ménager avec les classes privilégiées dont il n’était pas parvenu à gagner la complicité en dépit des avances qu’il leur avait d’abord prodiguées, il inaugura enfin le programme de la régénération espagnole par une série de décrets 1 dictatoriaux : l’un abolissait les droits féodaux; l’autre, le