Dans la séance du 18 avril
réfractaires dont j’examinerai, en temps et lieu, l’esprit et les développements.
Grâce à ces levées de deux cent quarante mille hommes qui venaient s’ajouter aux armées d’Italie et d’Allemagne, Napoléon se trouva promptement en mesure de faire face aux troupes de l’Autriche. Il voulait que le prince Eugène pût entrer en campagne avec cent mille hommes, y compris le corps de Marmont qui occupait laDalmatie, et lui ordonna de faire ses premières concentrations dans le Frioul; il dirigea d’Erfurt sur Würzbourg l’armée du Rhin que commandait Davout. Il envoya Lefebvre à Münich pour y prendre le commandement du contingent bavarois qui montait à quarante mille hommes. Il prescrivit à Bernadotte, qui était à la tête du contingent Saxon- Polonais, de remplacer par des Pôle - ../s les garnisons françaises de Glogau, Cüstrin, Stettin et Danzig, et de se concentrer autour de Dresde pour observer la Bohême. Enfin, Masséna fut chargé d’organiser à Strasbourg, sous le nom d’armée d’observation du Rhin , un corps de création nouvelle qui devait se tenir prêt à marcher sur le Danube au premier signal.
Les princes de la Confédération du Rhin, dont les forces réunies dépassaient cent mille hommes, reçurent des ordres réitérés de porter leur effectif au grand complet. Obligés de s’armer contre la cause de leurs compatriotes, et témoins de la haine que notre domination excitait en Allemagne, ces malheureux princes n’avaient pas même l’illusion de croire qu’en cédant à une douloureuse nécessité, ils y obéissaient du moins volontairement, et agissaient par eux-mêmes. On ne faisait rien pour déguiser le joug auquel
ils étaient soumis, et partout leurs corps auxiliaires étaient commandés par nos généraux : les Saxons, par Bernadotte; les Bavarois, par Lefebvre; les Würtembergeois, par Yandamme que Napoléon imposa au roi de Würtemberg, malgré des protestations trop motivées.
L’armée d’Italie devait rester sous les ordres d’Eugène, jeune homme brave et plein de zèle, mais sans passé militaire, chez qui une auguste parenté était censée suppléer à Inexpérience et aux services. Quant aux divers groupes de l’armée d’Allemagne, ils devaient, après quelques tâtonnements, se subdiviser définitivement en sept corps d’armée sans compter la garde et la cavalerie de Bessières. D’après la propre évaluation de Napoléon 4, ces forces allaient se répartir de la façon suivante : Lannes devait avoir cinquante mille hommes; Davout, soixante mille; Masséna cinquante mille; Lefebvre, quarante mille; Augereau, vingt mille; Bernadotte, cinquante mille; le roi Jérôme douze mille; ce qui, avec les vingt-deux mille hommes de la garde, et les vingt mille du corps de Bessières, formait un total de trois cent vingt-quatre mille soldats, et avec ceux de l’armée d’Italie de quatre cent vingt-quatre mille.
Les forces de l’Autriche qui semblaient, au premier abord, égaler au moins cette masse énorme, leur étaient en réalité très-inférieures, parce qu’elles se composaient en grande partie de milices qui ne pouvaient être, sans danger, opposées à des troupes régulières. Ces dernières, qui seules allaient former