‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 118 sur 124 · Mollien : Mémoires d’un ministre du Trésor · texte numérisé non relu

Mollien : Mémoires d’un ministre du Trésor

Cette situation, sans autre issue qu’un recours aux armes, ôte tout intérêt aux derniers pourparlers qui s’échangent entre les cours de Vienne et de Paris. La diplomatie n’est plus entre elles qu’une sorte de procédure convenue dans laquelle la forme ne sert plus qu’à déguiser le fond et à imprimer une marche régulière à un dénoûment prévu. Metternich avait annoncé à Champagny dès le 2 mars que les mesures prises par Napoléon avaient contraint le cabinet de Vienne à mettre ses armées sur le pied de guerre, et le ministre français lui avait répondu par d’aigres récriminations qui auraient laissé peu d’espoir de rapprochement lors même que les griefs eussent été moins sérieux et les passions moins envenimées *.

A partir de ce moment les deux gouvernements n’avaient plus songé qu’à achever leurs dispositions militaires. Masséna reçut l’ordre de porter son quartier général de Strasbourg à Ulm ; Davout dut s’avancer de Würtzbourg sur Ratisbonne ; Lannes dut concentrer son corps d’armée à Augsbourg. Napoléon, qui se rappelait les difficultés que lui avait créées le Danube dans la campagne de 1805, achemina vers ce fleuve un corps de 1500 marins destinés à lui ménager un passage rapide sur les deux rives. Le major général Berthier fut envoyé à Strasbourg avec l’ordre de presser par tous les moyens l’organisation et la marche des troupes en retard. Il devait centraliser l'armée à Ratisbonne; mais, ajoutait Napoléon : « Donauwerth et la ligne du Lech est la position à

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