Pièces comm. au Sénat-, nos VIII et XIV
504 HISTOIRE DE NAPOLÉON 1er.
occuper dans le cas où l’ennemi me préviendrait 4. » En Italie, Murat reçut l’injonction de se porter sur Rome « avec la rapidité de l’éclair » pour y relever les troupes de Miollis envoyées dans la haute Italie, et pour « détruire ce foyer d’insurrection. » L’Empereur lui annonçait son intention de mettre fin au pouvoir temporel et de ne plus laisser au pape que son titre d’évêque de Rome, jugeant, non sans raison cette fois, que cette mesure longtemps ajournée passerait presque inaperçue au milieu des agitations de la guerre 1 2.
L’Autriche aurait pu nous attaquer avec un énorme avantage dès le 20 mars ; elle dépensa en fausses manœuvres le temps que Napoléon savait si bien utiliser. L’armée de l’archiduc Charles, concentrée en Bohême vers Pilsen, pouvait être en cinq marches à Ratisbonne au milieu de nos corps dispersés. Au lieu d’exécuter cette attaque hardie qui eût jeté le désordre et l’épouvante au milieu de nos cantonnements, il ne laissa en Bohême qu’un corps de quarante mille hommes sous les ordres de Bellegarde, et lit avec les cent quarante mille autres un long détour pour aller repasser le Danube à Linz et se présenter sur l’Inn conformément à la vieille routine des guerres autrichiennes. Il adopta, dit-on, ce plan malgré ses répugnances à la suite d’un long débat entre les généraux Grünn et Mayer dont l'un tenait pour le premier projet et l’autre pour le second ; mais sa conduite n’en soulève pas moins d’objections puisque ces dissenti-