‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 123 sur 124 · Proclamation du 13 mai · texte numérisé non relu

Proclamation du 13 mai

des bulletins et proclamations à l’adresse de l’empereur d’Autriche. En les entendant répéter chaque jour, la multitude ignorante des soldats avait fini par se persuader qu’en effet Napoléon avait dû, dans quelque circonstance inconnue, accabler ce prince de ses bienfaits avant de l’accabler de ses coups; mais pour espérer accréditer cette invraisemblable légende chez les peuples qui avaient partagé la mauvaise fortune et les avanies infligées à l’empereur François , il fallait beaucoup compter sur la puissance du charlatanisme. Il fallait porter cette confiance jusqu’à la folie pour venir aux Hongrois, la main ouverte, en leur offrant « l’indépendance et la liberté1, » quand cette main était encore toute rouge du sang des Espagnols. Il fallait la pousser au delà de toute limite pour s’exprimer dans les termes suivants au sujet du noble et généreux Schill, en apprenant ou’il venait de soulever son régiment à Berlin, pour l’entraîner vers la Westphalie : Le 'nommé Schill , espèce de brigand , qui s’est couvert de crimes dans la dernière campagne de Prusse 2 •

Jamais monarque asiatique, jamais idole humaine jetant ses oracles aux foules prosternées n’avait tranché avec une infaillibilité plus tranquille les grands problèmes du bien et du mal. Le bien n’était plus qu’une émanation de sa propre personne; c’était tout ce qui servait ses desseins; le mal, c’était tout ce qui les contrariait. Les actions des individus comme celles des peuples n’avaient plus d’autre critérium

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