‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 14 sur 124 · Instructions pour le général Bertrand, 13 février · texte numérisé non relu

Instructions pour le général Bertrand, 13 février

Napoléon, naguère si enflammé pour cette idée, n'en voyait plus aujourd'hui que les inconvénients. Il rappela au roi de Prusse « que le congrès de Westphalie avait duré dix-huit ans, » il persista à exiger un traité séparé, en se déclarant toutefois prêt à accepter un accommodement avec la Russie et l’Angleterre si elles le voulaient véritablement , ce qu'il niait. « J’aurais horreur de moi, ajoutait-il, d’être la cause de l’effusion de tant de sang; mais si l’Angleterre croit cette effusion de sang utile à ses projets et à son monopole, qu’y puis-je1? »

Cette mauvaise défaite déguisait mal sa véritable pensée. Trois mois auparavant, la condition misérable à laquelle il avait réduit la Prusse lui offrait un moyen sûr d’intimider et d’influencer les puissances coalisées ; aussi demandait-il un congrès général. Aujourd’hui au contraire, la situation de ces puissances s’était assez améliorée pour leur permettre d’agir efficacement en faveur de leur alliée; voilà pourquoi il ne voulait plus avoir affaire qu’au roi Frédéric-Guillaume seul. La contradiction n’était donc qu’apparente, et cette ostentation de générosité n’était qu’un piège.

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