‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 16 sur 124 · Moniteur du 2 avril · texte numérisé non relu

Moniteur du 2 avril

FAUSSES NÉGOCIATIONS

t’es montré, lui écrivait-il à la date du 3 avril, le digne descendant de Sélim et de Soliman. Tu m’as demandé quelques officiers, je te les envoie — Généraux, officiers, armes de toute espèce, argent même, je mets tout à ta disposition, tu n’as qu’à demander. Demande d’une manière claire, et tout ce que tu demanderas je te l’enverrai sur l’heure. Arrange-toi avec le schah de Pei'se qui est aussi l’ennemi des Russes; engage-le à tenir ferme et à attaquer vivement l’ennemi commun. » Il écrivit dans le même sens au schah pour l’exciter à attaquer à la fois les Anglais et les Russes1, et s’occupa dès lors d’organiser la mission du général Gardane, qui ne partit qu’au mois de mai suivant. La lettre à Sélim se terminait ainsi : « Ici on m’a proposé la paix . On m’accordait tous les avantages que je pouvais désirer , mais on voulait que je ratifiasse l’état de choses établi entre la Porte et la Russie par le traité de Sistowa, et je m’y suis refusé. J’ai répondu qu’il fallait qu’une indépendance absolue fût assurée à la Porte. »

Ce post-scriptum contenait autant de mensonges que de mots. Si Napoléon attachait tant de prix à l’alliance de la Turquie et de la Perse, s’il témoignait tant d’égards et d’affection à ces deux souverains quelque peu étonnés de cette. subite tendresse, c’est précisément parce que ses avances successives envers la Prusse et l’Autriche n’avaient été accueillies qu’avec défiance ou froideur. Il faut en dire autant des démonstrations exagérées de sympathie auxquelles il se livra vers la même époque à l’égard de la nation

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