Bignor , Thibaudeau, Thiers, etc
HISTOIRE DE NAPOLÉON Vr.
due par lui ? Qu’avait-il fait des républiques Batave, Cisalpine, Ligurienne, Helvétique, garanties par lui dans le traité de Lunéville? Qu’avait-il fait, à l’époque de l’expédition d’Égypte, de l’indépendance de la Turquie, si souvent reconnue par lui comme nécessaire à l’équilibre de l'Europe? Qu’avait-il fait de l’indépendance de son alliée l’Espagne ? Étaient-ce là les précédents qui devaient inspirer confiance aux Polonais?
Et s’ils regardaient à ses rapports antérieurs avec eux, à sa politique envers leur propre cause, y trouvaient-ils du moins de quoi se rassurer ? Après tant d’encouragements qu’ils avaient reçus de lui à l’époque de la formation des légions de Dombrowski, ne l’avaient-ils pas vu, lors de sa réconciliation avec l’empereur Paul, faire poursuivre et saisir en France les livres qu’ils publiaient en faveur de leur patrie ? Ne l’avaient-ils pas vu un peu plus tard conclure, avec ce même gouvernement russe, un traité qui livrait au czar les Polonais réfugiés en France, en échange des Français émigrés en .Russie 1 ? Si ces faits encore présents à toutes les mémoires n’étaient pas à leurs yeux une preuve évidente, qu’après les avoir compromis et exploités, il les abandonnerait aussitôt qu’il y trouverait un avantage personnel, ne constituaient-ils pas, du moins, pour les Polonais, le droit de réclamer un engagement positif et formel ? Qu’exigeaient-ils donc de si exorbitant pour se donner à lui sans réserve et sans retour? Rien de plus qu’une de ces promesses dont il avait été si prodigue, une de ces déclarations si souvent données et démenties !