‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 21 sur 124 · Mémoires du duc de Rovigo , t. III · texte numérisé non relu

Mémoires du duc de Rovigo , t. III

frappé tour à tour la tribune, la presse, les journaux, les salons, mais en dépit de tous ses efforts il n’a pas atteint l’opinion. L’ironique Protée est toujours là, accueillant avec un sourire d’incrédulité ses conceptions chimériques, son roman de domination universelle et ses fausses victoires. Après Pultusk et Eylau, ses bulletins menteurs n’ont trompé personne en France, les lettres même de l’armée ont rétabli la vérité : comment se défendre contre de pareils démentis? Bientôt il en viendra à supprimer toutes les correspondances entre l’armée et l’intérieur1. « Faites courir les nouvelles suivantes, écrit-il à Fouché. Répandez-les cV abord dans les salons , faites- les mettre après dans les journaux . L’armée russe est tellement affaiblie, qu’il y a des régiments qui sont réduits à 150 hommes. Il ne reste plus de troupes en Russie.... V armée russe demande la paix; elle accuse quelques grands seigneurs de vendre le sang russe pour les Anglais2, etc. »

Le compère Fouché fait de son mieux. Il va jusqu’à faire forger une lettre dans laquelle un officier russe prend soin d’attester à la France que ses compatriotes ont été complètement battus par nos soldats. Mais Napoléon n’est pas satisfait, bien qu’il ait lui-même, en d’autres occasions, donné la recette de ce bon tour à Fouché : « J’ai vu dans les journaux, lui écrit-il le 27 mars suivant, une prétendue lettre écrite en Russie, c’est pitoyable!... En général, tout ce qu’on imprime pour éclairer V opinion me paraît rédigé dans un faux esprit, et comme si V auteur pensait lui-même que ce qu'il dit n'est pas vrai. » Il y avait peut-être que7 que

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