‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 22 sur 124 · Cette pratique commença au siège de Danzig · texte numérisé non relu

Cette pratique commença au siège de Danzig

'2. Napoléon à Fouché, 28 février.

ingénuité à exiger de Fouché la foi aveugle et persuasive d’un apôtre. C’était constater naïvement que l’opinion subornait la police elle-même, ordinairement si convaincue, et, s’il y avait regardé de plus près, il eût découvert qu’elle avait un complice jusque dans sa propre conscience.

L’opinion était tout le monde, c’est là ce qui la rendait à la fois si forte et si insaisissable. De là la singulière et puérile irritation de Napoléon contre les personnes qui représentaient à ses yeux, dans une mesure quelconque, cet être collectif et intangible qu’il poursuivait sans pouvoir l’atteindre. Plus il se

sentait impuissant contre cet ennemi impersonnel et

anonyme, plus sa haine s’attachait à tout ce qu’il en pouvait voir et toucher. Vers la fin de mars 1807, ce conquérant, dont les nouvelles levées portent l’armée à plus de 600,000 hommes, apprend tout à coup qu’une femme a été vue aux environs de Paris ; il n’en faut pas plus pour troubler l’équilibre de ce puissant esprit. Ses lettres se remplissent d’invectives à l’adresse de cette femme, de reproches à l’adresse des ministres qui ont toléré sa présence : « J’ai écrit, mande-t-il à Cambacérès, au ministre de la police de renvoyer Mme de Staël à Genève Cette femme continue son métier d 'intrigante. Elle s’est approchée de Paris malgré mes ordres. C’est une véritable peste . Mon intention est que vous en parliez sérieusement au ministre, car je me verrais forcé de la faire enlever par la gendarmerie. Ayez aussi l’œil sur Benjamin Constant, je ne veux plus rien souffrir de cette clique i. »

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