‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 24 sur 124 · Napoléon à. Cambacérès, 26 mars · texte numérisé non relu

Napoléon à. Cambacérès, 26 mars

d’ordinaire comme des preuves de bonne volonté, on peut y voir aussi un témoignage encore plus frappant d’impuissance. De tels efforts ne pouvaient être fructueux qu’à la condition de s’attaquer à la vraie cause de tant de maux, c’est-à-dire à la politique insensée qui les produisait ; or si l’on ne peut croire que Napoléon se faisait illusion à cet égard sans lui dénier toute clairvoyance, on ale droit d’affirmer que ces calamités ne le touchaient qu’autant qu’elles pouvaient atteindre son prestige et sa popularité. Il s’en préoccupait jusqu’à un certain point en France parce qu’il savait quelle force redoutable les souffrances populaires pouvaient à un moment donné communiquer aux rancunes de l’opinion, mais dans les autres pays soumis à notre influence il y était aussi parfaitement insensible que s’il se fût agi des habitants de Saturne.

De tous ces pays la Hollande était celui qui avait le plus à souffrir, parce qu’elle n’était ni riche des produits de son sol comme l’Italie, ni gorgée des dépouilles de l’Europe comme la France. Ruiné par la guerre, par la perte de ses colonies, par l’inaction forcée de sa marine, par l’interruption de ses rela tions commerciales, ce petit État, qui possédait un territoire insuffisant pour le faire vivre, avait reçu le dernier coup du blocus continental. On n’en exigeait pas moins de lui qu’il entretînt une armée de plus de cinquante mille hommes1. Témoin de tant de misères, le roi Louis s’efforçait de les adoucir par sa simplicité, son économie, son respect pour les mœurs, les traditions, les susceptibilités d’un peuple faible,

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