Moniteur du 12 décembre
ménager la possibilité d’agir dans un sens ou dans un autre selon les éventualités, il prescrivait le 1er décembre à Andréossy, son ambassadeur à Vienne, de rassurer l’empereur d’Autriche en lui déclarant « que l’insurrection de la Pologne était une suite naturelle de la présence des Français.... qu’il entendait ne se
mêler en rien de la Pologne autrichienne mais
que si l’empereur, sentant la difficulté de maintenir la Pologne autrichienne au milieu de ces mouvements, voulait admettre en indemnité une 'portion cle la Silésie, Napoléon était prêt à entrer en indemnité pour cet objet1. »
Cette proposition étant la seule preuve qu’on ait jamais alléguée à l’appui des prétendus projets de Napoléon, en faveur de l’indépendance de la Pologne, mérite d’être examinée avec attention. On doit d’abord observer que Napoléon offrait à l’Autriche non pas la Silésie, comme on l’a tant de fois répété, miis une portion de la Silésie, ce qui est fort différent. Il faut remarquer en outre que selon sa méthode invariable, il offrait une indemnité à prendre sur le voisin, et plus propre à effrayer l’Autriche qu’à la séduire, car l’acceptation de la Silésie eût équivalu à une rupture avec la Prusse, la Russie et l’Angleterre. Si Napoléon avait sincèrement tenu à gagner une puissance qui n’avait coopéré au partage de la Pologne qu’avec répugnance et presque à son corps défendant, il avait dans les mains cent autres indemnités beaucoup plus propres à la satisfaire que cette province qu’il lui offrait avant de l’avoir conquise. Les