Napoléon à M. de Tournon, 13 novembre
NAPOLÉON EN ITALIE
a fait jusque-là. Il charge Clarke de donner Tordre à Dupont de faire franchir la frontière à cette seconde armée qui, d’après le traité signé quinze jours auparavant, ne devait entrer en Espagne que du consentement du roi1. Il ne fait plus partir ses troupes eu poste, car son plan est modifié. Depuis le pardon que Charles a accordé à son fils, il ne peut plus intervenir pour délivrer le prince opprimé; mais il alléguera la nécessité de- soutenir l’armée de Portugal que personne ne menace. Dans l’état d’excitation où sont les esprits, des événements nouveaux ne tarderont pas à lui offrir les prétextes dont il a besoin. Ferdinand, que Napoléon semble vouloir défendre contre son père, qu’il justifie de l’accusation de correspondance à l’étranger, qu’il encourage par l’entremise de Beauharnais, se croira soutenu par lui et cherchera inévitablement à prendre sa revanche. A défaut de cet incident prévu , il peut en surgir cent autres de îa seule présence des troupes étrangères sur le territoire espagnol. Il ordonne donc à Dupont d’entrer, mais sans dépasser Yitoria; de là, ce général enverra des officiers dans toutes les directions pour étudier le pays2.
Au moment où va s’accomplir à petit bruit cette opération presque insignifiante en apparence , en réalité si formidable. Napoléon veut y paraître étranger, ou du moins avoir l’air de n’y attacher aucune importance. Tl part donc pour l’Italie en faisant annoncer avec fracas son voyage. Il s’arrange de façon à