Décret du 27 décembre 1807, articles 24 et
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mesures de Napoléon lui-même. De représailles en représailles, l’Angleterre en était venue à adopter sur les mers une politique presque aussi oppressive que celle qu’il pratiquait sur le continent. Par cet ordre du 11 novembre 1807, le Cabinet britannique avait assujetti toutes les marines neutres qui commerçaient avec la France ou avec ses alliés à une station obligatoire en Angleterre pour y payer une taxe déterminée. Cette prétention tyrannique pouvait être momentanément imposée par la force, mais elle était faite pour révolter infailliblement au bout d’un certain temps toutes les puissances ayant quelque souci de leur dignité et de leurs intérêts, particulièrement les États-Unis, État jeune et fier qui n’était pas d’humeur à abaisser longtemps son pavillon devant de . pareilles avanies. Mais Napoléon répondit à cette mesure de façon à tourner contre la France tous les mécontentements dont elle était appelée à profiter. A cette provocation maladroite qui frappait ceux que l’Angleterre avait intérêt à ménager pour les gagner à sa cause, il répliqua par un acte mille fois plus insensé encore en décrétant « que tout bâtiment de quelque nation qu’il fût » qui aurait seulement souffert la visite d’un vaisseau anglais serait, par ce seul fait, dénationalisé et déclaré de bonne prise. Et il chargeait de l’exécution de ce décret, qu’il était plus facile de publier que de mettre en pratique, ses vaisseaux de guerre et ses corsaires. Cette bravade l’obligeait en effet à capturer tout ce qu’il y avait encore de marine neutre dans le monde. Mais il existait entre l’Angleterre et lui cette grande différence qu’elle pouvait exercer son droit de visite, tandis qu’il était hors d’état
d’exécuter ses menaces. Ce n’était plus là de la politique, mais de la déclamation de collège : par malheur cette déclamation pour être ridicule n’en était pas moins désastreuse.
Napoléon était de retour à Paris le 3 janvier 1808. Le 10 janvier seulement, il se décida à répondre à la lettre du roi d’Espagne qui était du 18 novembre. Il se déclarait aussi désireux que le roi lui-même de consolider les liens des deux États, et consentait volontiers au mariage du prince des Asturies avec une princesse de France. Mais des scrupules inattendus lui étaient venus au sujet de ce prince dont il se portait défenseur alors que son père l’accusait; il ne semblait plus le considérer aujourd’hui comme un homme calomnié; il demandait à être éclairé : «Votre Majesté, disait-il, doit comprendre qu’il n’est aucun homme d’honneur qui voulût s’allier à un fils déshonoré par sa déclaration, sans avoir la certitude qu’il a réacquis toutes ses bonnes grâces. » Comme si la démarche qu’on faisait auprès de lui n’était pas suffisamment significative à cet égard ! Quant à la proposition de publier le traité de Fontainebleau, il la repoussait comme inopportune et prématurée. Elle lui eût en effet lié les mains vis-à-vis de l’Europe, car il est un certain degré d’impudeur qui est incompatible avec le grand jour de la publicité. Elle eût surtout éclairé le peuple espagnol, qui dans tout le cours de la crise nationale se montra si supérieur à ses maîtres en bon sens et en perspicacité.
Napoléon avait évité de toucher aux affaires de Home pendant son séjour en Italie, mais il était depuis longtemps décidé à en finir avec les résistances
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du pape. Il profita de son retour à Paris pour consommer définitivement l'envahissement des États romains dont il avait à plusieurs reprises occupé différentes provinces. C’est le 10 janvier qu’il fit expédier aux généraux Miollis et Lemarois, partant l’un de Milan, l’autre de Naples, l’ordre de combiner leur marche de façon à pénétrer en même temps dans les États pontificaux. Miollis, qui était le vrai chef de l’expédition, devait marcher sur Rome « sous prétexte cle traverser cette ville pour se rendre à Naples *. » Une fois maître de la ville, il devait s’emparer du château Saint-Ange, rendre au pape tous les honneurs possibles, mais déclarer qu’il avait mission d’occuper Rome pour arrêter les brigands du royaume de Naples qui y cherchaient un refuge. On voit qu’avec les faibles comme avec les forts c’était toujours la même franchise qui inspirait la politique impériale. Au moment où Miollis arriverait aux portes de Rome, l’ambassadeur Alquier devait remettre au cardinal secrétaire d’Ëtat une note où se trouvaient exposés tous les griefs vrais ou faux de l’Empereur contre la cour de Rome. Il y était question de nouveau des brigands napolitains tout dégouttants du sang français , des agents de la reine Caroline, des agents de l’Angleterre qui agitaient la tranquillité de l'Italie, etc. On déclarait que Miollis ne sortirait de Rome que lorsque cette ville serait purgée de tous les ennemis de la France1 2. Un paragraphe écrit en chiffres dans la dépêche ajoutait pour l’instruction d’Alquier ces paroles dictées par Napoléon ;