DU ROI JOSEPH (MAI-JUILLET
La nouvelle des fusillades du 2 mai répandue au milieu d’une population déjà inquiète, agitée, indignée de la présence de tant de soldats étrangers sur son territoire, produisit dans toute l’Espagne un long frémissement de colère. Mais lorsqu’on y connut les odieuses circonstances de la trahison de Bayonne et les deux abdications qui l’avaient suivie, ce ne fut plus d’un bout à l’autre de la Péninsule qu’un seul cri, immense, instantané, foudroyant, cri de vengeance ctd extermination destiné à retentir dans les siècles, ettel que le monde n’en avait jamais entendu jusque-là! On eût dit qu une grande commotion volcanique venait de soulever le sol de l’Espagne sur toute sa surface. En un jour, en une heure, sans concert et sans mot d ordre, toute la nation fut debout, enflammée d un sentiment unanime. Ges vastes mouvements qui entraînent tout un peuple dans le même courant de haine, d amour ou d enthousiasme, n’étaient pas un speUicle nouveau pour l’Europe. La France le lui