‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 75 sur 124 · Napoléon à Talleyrand, 9 juin · texte numérisé non relu

Napoléon à Talleyrand, 9 juin

pour « faire mettre le château dans un état respectable et pouvoir contenir la ville 1 ; » enfin, le L9 juin, alors que tous les éléments de cette difficile situation lui sont connus, il va, par un trait d’aberration qui paraît à peine croyable, jusqu’à ordonner que tout en désarmant les rebelles on forme dans chaque ville des compagnies de gardes nationales qui prêteront main-forte aux alcades, assumeront la responsabilité et maintiendront la tranquillité du pays. * Voilà, ajoute-t-il, ce qu’on aurait dû faire à Tolède, à Aranjuez, à Ségovie et partout ailleurs 2. » G’est à son confident Savary, tout fraîchement arrivé à Madrid pour suppléer Murat tombé gravement malade à la suite de ses mécomptes, que Napoléon expose cette lumineuse conception.

Par bonheur, il avait enfin sous la main, à Bayonne, ce précieux spécifique qui, dans sa pensée, devait infailliblement mettre un terme aux déchirements de l’Espagne. Ges troubles et ces désordres ne devaient après tout surprendre personne; ils avaient été dans tous les temps l’accompagnement obligé de ces crises qu’on nomme des interrègnes. La présence et le couronnement du roi Joseph allaient tout faire rentrer dans l’ordre, rallier non-seulement les pacifiques, mais ces classes si nombreuses qui ont besoin pardessus tout d’un état de choses régulier. Joseph était connu en Europe comme un souverain d’humeur douce et paisible; nul doute que les Espagnols, mis en demeure de choisir entre un tel prince et les maux

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