‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 84 sur 124 · Joseph à Napoléon, 24 juillet · texte numérisé non relu

Joseph à Napoléon, 24 juillet

on n’a eu aucun des ménagements qu’on devait avoir pour ce peuple. » Puis revenant sur une allégation de l’Empereur : a Non, sire, s’écrie-t-il, les honnêtes gens ne sont pas plus pour moi que les coquins. Vous êtes dans l’erreur; votre gloire échouera en Espagne! » Ces représentations, ces doléances, cette prophétique épouvante si profondément sentie, n’ont d’autre effet que d’irriter Napoléon; il n’y voit que la défaillance d’un cœur timide et d’une imagination frappée. Il s efforce à sa manière de relever cette âme abattue. Quoi qu’il arrive la soumission de l’Espagne est un fait accompli. Elle est déjà reconnue par l’Europe : « J’ai reçu ce matin des nouvelles de la Russie et des lettres de l’empereur. U affaire d’Espagne était déjà là une affaire fort ancienne et tout y était arrangé! » L’alfaire d’Espagne arrangée en Russie/ il eût mieux valu pour nous qu’elle fût arrangée à Madrid. Napoléon avait en effet notifié à Alexandre par une lettre du 8 juillet les changements qu’il venait d’accomplir en Espagne: « Obligé, disait-il, de se mêler des affaires espagnoles, il avait été, par la pente irrésistible des événements, conduit à un système qui, en assurant le bonheur de l’Espagne, assurait la tranquillité de l’empire. Dans cette nouvelle situation 1 Espagne devait être plus indépendante de Napoléon gu elle ne l avait jamais été1. » A ces explications si franches il joignait dans le but de discréditer l’insurrection espagnole une assertion qui a été le point de départ de toutes les fables qu’on a accumulées sur ce sujet : « J’ai lieu , disait-il à Alexandre, d être très-satisfait de toutes les personnes de rang,

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