Napoléon à Alexandre, 8 juillet
de fortune ou d’éducation. Les moines seuls, prévoyant la destruction des abus , et les agents de l'inquisition qui entrevoient la fin de leur existence , agitent le pays. »
Les lettres de Joseph et la correspondance même de l’Empereur sont la réfutation la plus éclatante de ce mensonge éhonté. Le clergé était après les courtisans et les hauts fonctionnaires la classe qui se montrait la plus disposée à se rallier. Il fut entraîné dans le mouvement national et s’y comporta courageusement, mais il ne le créa pas. A différentes reprises Joseph et Napoléon lui-même se louent des sentiments de conciliation que montre le clergé : « L’officier de Bessières, écrit Napoléon le 25 juillet, quelques jours après sa lettre à Alexandre, a dit que les prêtres et même l'es moines désirent fort la tranquillité. » Le témoignage de Joseph est encore plus décisif. Le 26 juillet il écrit à son frère : « J’ai réuni chez moi tous les chefs du clergé régulier et séculier, je leur ai parlé pendant une heure. Il me paraît qu’ils sont partis dans de bonnes dispositions. » Le lendemain 27, analysant les sentiments de la population en général, il revient sur le même sujet : « Les grands et les riches, dit-il, les femmes surtout sont détestables. » Voilà pour ces « personnes de rang, d’éducation, de fortune » que Napoléon représentait comme très-satisfaisantes. Quant au clergé, voici ce que Joseph en dit : « Le clergé que j’ai vu hier, s’est bien conduit aujourd’hui. On me rapporte que beaucoup de prêtres ont inspiré de bons sentiments au peuple *. »