‹ Histoire de Napoléon Ier (tome 4)Chapitre 91 sur 124 · Mémoires du prince Eugène, t. IV · texte numérisé non relu

Mémoires du prince Eugène, t. IV

sur-le- champ un accent aigre et hautain dont le cardinal Pacca lui-même, qui les signait en sa qualité de successeur de Gabrielli, se déclare quelque peu scandalisé dans ses Mémoires . A partir du mois d'août 1808, tous les actes de l’administration française dans les États pontificaux deviennent autant d’occasions pour la publication de manifestes véhéments que d'insaisissables messagers affichent sur les murs de Rome. Plus Napoléon cherche à éteindre les hostilités, à endormir ses adversaires, à éviter tout nouveau sujet de querelle, plus Pie YII élève la voix et cherche à attirer l’attention de l’Europe encore distraite et indifférente. Nos échecs n’ont pas été toutefois assez graves pour que le saint-père ose en venir aux grandes extrémités; mais il s’apprête à faire usage de ses armes spirituelles ; il les tient en bon état; il revoit et caresse avec amour dans le silence du cabinet une bulle d’excommunication depuis longtemps préparée qu’au premier moment opportun il se propose de faire éclater sur la tête de Napoléon1.

Cette situation générale du continent, peu alarmante en apparence pour l’instant, pouvait devenir des plus dangereuses, une fois que Napoléon serait occupé en Espagne avec ses meilleures troupes. Aussi sans connaître les symptômes les plus inquiétants de cet état de choses, avait-il senti tout d’abord la né cessité de faire la part du feu, de rabattre de ses pré^ tentions, et surtout de gagner sérieusement cette fois l’appui delà Russie. Il fallait ou renoncer à l’Espagne, ce que son orgueil ne pouvait admettre, ou se mon

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